Réformes et mesures incitatives pour soutenir l’investissement à Djibouti

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L’immatriculation de nouvelles entreprises a enregistré une hausse à Djibouti au premier trimestre de cette année, un phénomène qui s’explique par la mise en œuvre de réformes destinées à simplifier les procédures.

Selon les données publiées fin mai par l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANPI), on a assisté à une hausse régulière du nombre d’entreprises créées au premier trimestre 2018.

Au total, on a dénombré en ce premier trimestre 353 nouveaux venus sur le marché – 106 en janvier, 118 en février et 129 en mars- dont 81% d’entreprises djiboutiennes.

De ces chiffres ressort une solide progression des activités commerciales – 560 entreprises ont vu le jour entre les mois de février et de décembre de l’année dernière -qui coïncide avec le lancement par le gouvernement en mars 2017 d’un guichet unique pour les procédures d’immatriculation des entreprises.

Les sociétés basées dans les pays arabes représentent 6% des entreprises étrangères immatriculées, tandis que les entreprises asiatiques, africaines et européennes sont responsables de 5%, 5% et 3% du total, respectivement.

En tête des secteurs d’activités des nouvelles entreprises de ce premier trimestre, on trouve le commerce et l’import-export (34,6%), suivi du bâtiment (25,5%), des services (11,1%) et du transport, du transit et de la logistique (7,1%).

Un objectif de diversification des investissements derrière les réformes d’immatriculation

Afin de promouvoir les activités commerciales et de diversifier les investissements, les autorités ont assoupli en mars 2017 les procédures d’immatriculation des entreprises, comptant sur les nouvelles mesures incitatives pour rendre la création d’entreprises plus attractive.

Outre la mise en place du portail du guichet unique au sein de l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANPI) pour simplifier les procédures de déclaration des investissements et d’immatriculation des entreprises, les autorités ont réduit les frais d’inscription de plus de 86% l’an dernier, exonérant également certaines catégories d’entreprises des droits proportionnels pour les trois premières années.

Cette stratégie de promotion et de simplification de la création d’entreprise a déjà porté ses fruits et l’édition 2018 du rapport Ease of Doing Business (facilité de faire des affaires) de la Banque Mondiale donne à Djibouti un score de distance de la frontière de 49,58– le pays gagne ainsi 4 points de pourcentage par rapport à l’année dernière et se place 6 points en deçà de la moyenne régionale de la région Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA).

La Banque Mondiale a attribué ces progrès aux améliorations effectuées quant à des indicateurs clés, notamment la réduction du coût des inspections des matériaux de construction et davantage de transparence dans l’administration foncière afin de faciliter l’enregistrement des titres de propriété, ainsi que le renforcement des droits des investisseurs minoritaires et l’amélioration de l’accès aux informations de crédits grâce à la création d’un nouveau système d’information sur le crédit.

Djibouti se retrouve ainsi 154ème sur 190 pays au classement général du rapport annuel de la Banque Mondiale, contre 171ème l’an dernier.

Une hausse attendue de la concurrence pour les investissements dans la région

Si l’amélioration de l’environnement des affaires ne manquera pas de soutenir, durant les années à venir, les efforts déployés dans le but d’attirer les investissements internationaux, la hausse de la concurrence en matière d’activités de transbordement dans la région pourrait constituer, sur le moyen à long terme, un risque pour l’attractivité de ce secteur et d’autres secteurs clés de l’économie djiboutienne.

Le pays reste par exemple fortement dépendant des importations et exportations de et vers l’Ethiopie, qui a pris ces derniers mois des mesures afin de diversifier ses routes commerciales.

Début mars, l’Ethiopie a signé un accord de joint-venture avec la société de logistique émiratie DP World et avec le gouvernement du Somaliland en vue de développer le Port de Berbera au Somaliland. Actuellement doté d’une capacité de 1500 équivalent vingt pieds (EVP), celui-ci devrait pouvoir traiter 1 million d’EVP d’ici 2020 et 30% des marchandises éthiopiennes pourraient transiter par lui, selon les médias locaux.

La Tanzanie et le Kenya, pays voisins, procèdent également à des milliards d’investissement dans la modernisation et la création de nouveaux ports en eaux profondes afin de doper leurs activités de transit et de transbordement sur les marchés régionaux.

 

 

Reforms and incentives support investment in Djibouti

En Français

New business registration in Djibouti increased in the opening quarter of the year on the back of reforms to streamline procedures.

According to data issued at the end of May by the National Agency for the Promotion of Investment (l'Agence Nationale pour la Promotion des Investissement, ANPI), there was a steady increase in the number of businesses created in the first quarter of 2018.

The first quarter saw a total of 353 entrants into the market – 106 in January, 118 in February and 129 in March – with 81% of these being domestic companies.

The figures point to a solid advance in business activity – 560 firms launched between February and December last year – and coincide with the government’s March 2017 rollout of a single window for registration processing.

In terms of the foreign companies that registered, those based in Arab countries represented 6% of the total, while Asian, African and European firms accounted for 5%, 5% and 3%, respectively.

The top two sectors for new businesses in the first quarter were commerce and trade, accounting for 34.6% of the total, followed by construction at 25.5%, the service industry at 11.1%, and transport, transit and logistics development at 7.1%.

Business registration reforms aim to diversify investments

As part of efforts to promote business activity and diversify the investment base, in March 2017 the authorities liberalised business registration procedures.

Along with setting up the single-window service within the ANPI to streamline investment application and business registration processes, officials also reduced businesses’ registration fees by more than 86% and exempted certain classes of enterprise from proportional fees for their first three years of operation.

The moves to incentivise and facilitate business registration were reflected in the World Bank’s 2018 Ease of Doing Business index, which saw Djibouti attain an overall score of 49.58 under the distance-to-frontier measure – a four-point gain over the previous year, and six points behind the regional average for the MENA region.

The World Bank attributed this progress to improvements made under key benchmarks, including reducing the cost of building material inspections and increasing transparency of the land administration system to facilitate property registration, as well as strengthening minority shareholders’ rights and improving access to credit information by establishing a new credit data system.

Overall, Djibouti placed 154th out of 190 countries on the World Bank’s annual rating, up from 171st place last year.

Regional competition for investment set to increase

While the improved business environment will support efforts to attract international investment in the coming years, rising competition for trans-shipment activities in the region could pose a mid- to long-term risk to the attractiveness of this and other key sectors of Djibouti’s economy.

For instance, the country remains heavily reliant on imports and exports from Ethiopia, which has made moves in recent months to diversify its trade routes.

In early March Ethiopia entered into a joint venture with UAE logistics firm DP World and the Somaliland government to develop the Port of Berbera in Somaliland. The facility, which currently has a 150,000-twenty-foot-equivalent-unit (TEU) capacity, is expected to handle 1m TEUs by 2020 and could handle approximately 30% of Ethiopia’s goods, according to local media reports.

Neighbouring Tanzania and Kenya are also investing billions in modernising and opening new deepwater ports, with the aim of boosting their transit and trans-shipment activities to regional markets.

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