Algérie : Bilan de l’année 2018

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La relance de l’investissement public et des résultats encourageants dans les secteurs hors hydrocarbures ont porté la croissance de l’économie algérienne en 2018, une tendance qui devra toutefois être confirmée en 2019 dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, de volatilité des prix du pétrole et d’une légère réduction de l’investissement public.

Le PIB a enregistré une croissance d’1,2%, de 0,7% et 0,8%, respectivement, en glissement annuel aux trois premiers trimestres de 2018, selon les dernières données publiées par l’Office National des Statistiques (ONS), contre 3,4%, 1,5% et 1% aux mêmes périodes en 2017.

La croissance a été tirée par une expansion dans les secteurs clés, notamment l’agriculture ; le bâtiment, les travaux publics et le secteur de l’hydraulique; les services marchands, dont les composantes incluent le commerce, l’hôtellerie et la restauration, le transport et l’information et l’industrie.

Cette bonne performance a toutefois été ralentie par une contraction de 2,4%, 8,2% et 9,3% du secteur des hydrocarbures – plus important secteur du pays, ce dernier est responsable d’environ 60% des recettes publiques et de 96% des exportations. Malgré une hausse considérable des prix pétroliers et gaziers au cours de la période, l’ONS cite une diminution de la production comme facteur d’explication de la baisse des recettes.

Le FMI envisage des perspectives plus positives pour l’économie algérienne dans son ensemble, tablant dans un rapport publié au mois d’octobre sur une croissance de 2,5% pour l’année 2018, en hausse par rapport au taux d’1,4% enregistré en 2017.

Des dépenses à la hausse tirent la croissance dans un contexte d’assouplissement quantitatif

Les prévisions de croissance du FMI pour l’année 2018 ont été soutenues par l’exécution d’une politique budgétaire plus expansionniste, avec une hausse des dépenses de quelque 25%, après deux années consécutives de mesures d’austérité au cours desquelles les dépenses avaient chuté de 9% et 14% respectivement. Une part significative de cette hausse a été dirigée vers les projets d’infrastructure, notamment en matière de transport aérien, routier et maritime, comme par exemple, la réalisation du nouveau terminal de l’aéroport d’Alger.

Cette augmentation des dépenses devrait porter le déficit annuel à 9% du PIB, selon les prévisions de la Direction Générale du Trésor, soit une hausse par rapport au taux de 8% de 2017, mais un chiffre qui demeure bien en deçà des 15% enregistrés en 2016, le gouvernement ayant repoussé à 2022 et non plus à 2020 la date à laquelle il espère une réduction à zéro du déficit du pays.

Le gouvernement a lancé à cet effet en octobre 2017 sa politique de financement non-conventionnel en vertu de laquelle la banque centrale du pays, la Banque d’Algérie, est autorisée à financer directement la dette de l’Etat, des entreprises publiques et du Fonds National d’Investissement pour une durée de 5 ans.

Si cette stratégie a permis de réduire les tensions sur la dépense publique, certains économistes craignent qu’une telle politique n’entraîne une hausse de l’inflation, ait un effet dissuasif sur les investissements directs étrangers et expose le pays aux futurs chocs potentiels de l’économie mondiale du fait de la réduction des réserves de change de la banque centrale.

En ce qui concerne l’inflation, le taux mensuel était de 4% au mois de novembre, contre 5,9% à son plus haut niveau de l’année en juin, et le gouvernement table sur un taux d’inflation annuel de 5,5%. L’inflation a toutefois connu une hausse significative au 3e trimestre 2018, atteignant 10%, selon les données publiées par l’ONS.

Le budget 2019 prévoit une contraction d’1,5% des dépenses dans le but de contenir le déficit, et le gouvernement table sur une croissance annuelle de 2,6%, conforme à la prévision de 2,5% émise par le FMI.

Une politique de restriction des importations pour soutenir l’industrie locale

L’introduction d’une série de restrictions des importations constitue une autre initiative majeure mise en place en 2018 afin de contribuer à équilibrer le budget.

En janvier 2018, le gouvernement a étoffé son régime des restrictions à l’importation en instaurant de nouvelles mesures interdisant l’importation de 851 produits, parmi lesquels des produits alimentaires et des articles ménagers, de l’équipement industriel et des matériaux de construction.

Les réformes se sont poursuivies en juin avec l’annonce de la mise en place d’un droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS), destiné à booster l’industrie algérienne et réduire la facture d’importation.

Des taxes comprises entre 30% et 200% sont imposées à des produits qui figuraient auparavant sur la liste des produits interdits à l’importation, incluant les ciments, les pommes de terre ou encore les machines agricoles. La liste complète des produits soumis à ce nouveau dispositif a été rendue publique fin janvier.

Des investissements considérables attendus dans le secteur de l’énergie

Malgré la contraction observée pendant les neuf premiers mois de l’année, le secteur de l’énergie a bénéficié d’investissements significatifs en 2018, ce qui devrait accroître la production et les activités de transformation créatrices de valeur ajoutée en aval sur le court et moyen terme.

Fin mars, le groupe public Sonatrach a annoncé l’entrée en production de son champ gazier de Timimoun au sud-ouest du pays après une série de reports. Le projet, mené en partenariat avec le groupe français Total et la compagnie espagnole Cepsa, devrait atteindre une production annuelle d’1,8 milliard de m³ de gaz à partir de 37 puits, selon les estimations.

Cette mise en service fait suite au lancement du complexe gazier Reggane Nord fin 2017, opéré par le Groupement Reggane Nord et dont la production est estimée à 8 millions de m³ de gaz par jour. Enfin, le niveau de production de gaz de l’Algérie devrait connaître un nouvel élan avec le projet Touat-Gaz, fruit d’un partenariat entre Sonatrach et Neptune Energy, dans la wilaya d’Adrar, qui entrera en production au cours du premier semestre de 2019 et avec une production attendue de 4,5 milliards de m³ par an, à partir de 40 puits.

Ces projets devraient aboutir à une hausse de la production gazière de 9 milliards de m³ par an lorsqu’ils seront pleinement opérationnels.

L’exploration des ressources non-conventionnelles et offshore ont également repris dans le cadre de partenariats avec de grands acteurs internationaux. Sonatrach a ainsi signé en octobre un accord avec BP et Equinor pour l’exploration et le développement des ressources non-conventionnelles dans les bassins du sud-ouest algérien, tandis qu’un autre accord avec Eni et Total a été conclu à la même période pour l’exploration offshore.

En outre, la stratégie du groupe public Sonatrach à l’horizon 2030, SH2030 Leading the Change (diriger le changement), dévoilée en mai dernier, accorde une importance accrue au développement de la pétrochimie et de la transformation des produits en Algérie.

Ce plan ambitieux vise à faire de la société nationale des hydrocarbures l’une des cinq majeures entreprises nationales majeures du secteur d’ici 2030 via le recours à l’innovation dans le segment de l’exploration et production, le développement d’une chaîne de valeur intégrée dans les activités aval, et l’essor des énergies renouvelables pour répondre la demande nationale et accroître les capacités à l’export.

 

 

Algeria: Year in Review 2018

En Français

A government stimulus package and a strong performance in the non-hydrocarbons sector helped Algeria’s economy rebound in 2018. The challenge ahead, however, will be for Algeria to maintain such momentum in 2019 against a backdrop of slowing global growth, volatile oil prices and a slight reduction in public investment.

GDP expanded by 1.2%, 0.7% and 0.8% year-on-year (y-o-y) in the first three quarters of 2018, respectively, according to the latest data from the National Statistics Office (Office Nationale des Statistiques, ONS). This compares to growth rates of 3.4%, 1.5% and 1% in the corresponding periods of 2017.

Growth was driven by expansion in key sectors, including agriculture; construction, public works and hydraulics; merchant services, which includes trade, hotels and restaurants, transport and information; and industry.

Results were dampened by a 2.4%, 8.2% and 9.3% contraction in hydrocarbons – the country’s largest single sector, accounting for around 60% of public revenue and 96% of exports. Despite significantly higher oil and gas prices during the period, the ONS cited reduced production as a factor behind the lower returns.

Offering a more positive outlook for the economy as a whole, the IMF, in an assessment released in October, projected year-end growth of 2.5%, higher than the 1.4% growth seen in 2017.

See also: The Report – Algeria 2018

Increased spending drives growth on the back of quantitative easing                                                                                                       

The projected growth by the IMF for 2018 was supported by the implementation of a more expansive budget, in which spending increased by some 25%, reversing two consecutive years of austerity measures that saw expenditure drop by 9% and 14%, respectively.

A significant portion of the new funding went towards infrastructure development, including transport and shipping projects, such as the construction of a new terminal in the Houari Boumediene Airport in Algiers.

This increased spending is expected to push the year-end deficit to 9% of GDP, according to Treasury forecasts, up from 8% in 2017 but still well down on the 15% recorded in 2016, while the government pushed back its target date to reduce the deficit to zero from 2020 to 2022.

To support this approach, the government in October 2017 introduced its quantitative easing policy, whereby the central bank, Bank of Algeria, was permitted to purchase debt directly from the government, public enterprises and the National Investment Fund for a period of five years.

While this has freed up government spending, some economists remain concerned that such a policy could trigger significant increases in inflation, deter foreign direct investment and leave the country exposed to potential future shocks in the global economy with the expected reduction of central bank reserves.

In terms of inflation, the monthly rate was recorded at 4% in November, down from a yearly high of 5.9% in June, while the government forecast an annual inflation rate of 5.5%. Inflation, however, increased significantly in the third quarter, reaching 10% according to data released by the ONS.

The 2019 budget will see spending contract by 1.5% in a bid to reign in the deficit, with the government predicting GDP to grow by 2.6%, in line with IMF forecasts of 2.5%.

Import restrictions aim to support local industry

Another major initiative introduced in 2018 to try and help balance the budget was the introduction of a series of import restrictions.

In January the government replaced its existing import licensing system with new regulations restricting the import of 851 products, including some food and household consumer goods, industrial equipment and construction materials.

This was updated further in June with the announcement of additional temporary safeguards (droit additionnel provisoire de sauvegarde, DAPS) designed to boost domestic industry and reduce the import bill.

Under the regime, a series of taxes ranging from 30% to 200% are imposed on certain products previously on the restricted import list, including cement, potatoes and agricultural machinery. The full list of imported products affected by this new regulation was made public in late January.

Energy to receive significant investment

Despite a contraction during the first nine months of the year, the energy sector received significant investment in 2018 that is expected to boost output and value-added downstream processing in the short to medium term.

In late March state-owned Sonatrach announced that production had begun at the Timimoun gas field in the country’s south-west following a series of delays. The project, jointly operated by French firm Total and Spain’s Cepsa, is expected to produce an estimated 1.8bn cu metres of gas per year from 37 wells.

This followed the launch of the Reggane Nord field in late 2017, which is operated by the joint company Groupement Reggane Nord and produces 8m cu metres of gas per day.

Output will receive a further boost with a third project, the Touat development, a partnership between Sonatrach and Neptune Energy in the wilaya (province) of Adrar, which is scheduled to commence in the first half of 2019 and expected to produce 4.5bn cu metres of gas per year from 40 wells.

Once operational, these developments are expected to increase Algeria’s gas production by 9bn cu metres per year.

Offshore and unconventional gas explorations have also been reactivated through partnerships with international players, including Sonatrach’s October agreement with BP and Equinor for the exploration and development of unconventional resources in the basins of the country’s south-west. In the same month, Sonatrach also announced a separate deal with Eni and Total for offshore exploration in the Algerian Mediterranean.

In addition, the industry’s downstream sector is expected to receive a boost as Sonatrach places a great focus on petrochemicals and domestic processing in its SH2030 Leading the Change development plan, unveiled last May.

Under the ambitious plan, the country’s state-owned firm is seeking to become the fifth-largest national oil company in the world by 2030 by using renewable energy and innovative technologies to expand oil and gas exploration and production. Ultimately, Sonatrach aims to satisfy Algeria’s domestic demand and increase the nation’s energy exports.

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