Un nouveau prêt synonyme de modernisation pour les services de santé gabonais

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In English

Un nouveau mécanisme de financement à destination du secteur de santé gabonais et une réforme ambitieuse du système d’assurance maladie devraient permettre au gouvernement de procéder aux améliorations dont les services de santé ont grand besoin, et ce malgré des recettes pétrolières à la baisse.

L’Agence Française de Développement (AFD) a annoncé en mars le renouvellement de son engagement en faveur du secteur de santé gabonais par le biais d’un prêt de 50 millions d’euros pour la période 2015-2019. Ce financement fait suite à un projet conduit entre 2007 et 2014 qui, doté d’une somme de 10,5 millions d’euros, avait permis la construction ou la rénovation de sept maternités dans les provinces de l’Estuaire et du Woleu-Ntem.

Le nouveau prêt contribuera à rénover quelque 30 centres de santé dans quatre provinces – Woleu-Ntem, Haut-Ogooué, Ogooué Ivindo et Ngouiné – ainsi qu’à fournir du matériel médical et à former 3000 professionnels de santé.

Le Gabon est devancé par certains de ses voisins en ce qui concerne les dépenses à destination de la santé par rapport au PIB mais le gouvernement a fait du secteur une priorité suite au lancement de son Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2011-2015 en 2010. Selon des données publiées par la Banque Mondiale, les dépenses de santé en pourcentage du PIB se sont élevées au Gabon à 3,8% en 2013. À titre de comparaison, son voisin camerounais consacrait 5,1% de son PIB au secteur.

Couverture Maladie Universelle

Malgré des prévisions de recettes pétrolières à la baisse, l’Etat devrait poursuivre en 2015 ses investissements dans le secteur de la santé dans le cadre du PNDS. Le plan vise à améliorer la gouvernance globale du système de santé, à réduire la mortalité infantile et maternelle et à investir dans les infrastructures.

Le Gabon a déjà accompli des progrès notables, en particulier en matière de couverture d’assurance maladie, grâce à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et Garantie Sociale (CNAMGS) lancée en 2007. Le programme, qui se proposait initialement de fournir une assurance aux citoyens les plus vulnérables, a été étendu en 2010 pour intégrer les fonctionnaires, puis de nouveau en 2013 pour inclure les employés du secteur privé, qui étaient jusque-là inscrits au registre de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.

La stratégie choisie en matière d’assurance permettra à l’Etat un meilleur contrôle des coûts engendrés par la réforme, qui sera financée en partie par le prélèvement d’une redevance obligatoire à l’assurance maladie. Les trois catégories socio-professionnelles bénéficient des mêmes avantages, à savoir notamment les consultations médicales, les services diagnostiques et thérapeutiques, les soins hospitaliers et les soins de santé maternelle élémentaires. Si les employés des secteurs public et privé cotisent eux-mêmes à leur programme, la couverture à destination de la plupart des membres vulnérables de la société est financée par un prélèvement de 10% sur le chiffre d’affaires des entreprises de téléphonie mobile ainsi qu’une taxe de 1,5% sur les transferts monétaires internationaux.

En janvier, le gouvernement a annoncé la deuxième phase d’enrôlement des Gabonais économiquement faibles au régime d’assurance maladie – qui vise à dépasser le taux actuel d’enrôlement qui correspond à 36% de la population – sous la forme de diverses campagnes menées par la CNAMGS.

Aide étrangère

Sans nier l’importance des efforts déployés actuellement par le pays, un rapport du FMI publié en février a souligné que le Gabon restait en-deçà de ses voisins en matière de prestations sociales élémentaires telles que les prestations de santé et l’éducation primaire. En outre, l’absence d’enquêtes récentes limite la capacité des autorités à calculer les indicateurs sociaux de base, a ajouté le FMI. En plus de ces facteurs, le gouvernement va devoir surveiller de très près les investissements à destination des services de santé cette année, dans la mesure où la chute des recettes pétrolières pourrait mettre les dépenses à rude épreuve, malgré des prévisions de croissance du PIB atteignant les 4,8% en 2015.

Par conséquent, le secteur de la santé au Gabon continue de bénéficier du soutien d’un grand nombre de partenaires de développement, dont la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale de la Santé et la Banque Africaine de Développement (BAD). La plupart de ces organisations orientent leur assistance sur l’aspect technique plutôt que sur l’aspect financier, le Gabon ayant le statut de pays à revenu moyen supérieur, ce qui l’empêche de recevoir une aide financière d’envergure. C’est la BAD qui constitue à l’heure actuelle le principal contributeur étranger du pays mais on observe également une participation du secteur privé : le groupe autrichien VAMED assure par exemple la gestion de 12 centres de santé, dont trois Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) à Angondjé, Owendo et Libreville.

 

 

Loan injection to boost Gabon’s health care services

En Français

A new foreign funding facility for Gabon's health sector and an ambitious reform of the insurance system should enable the government to make much-needed improvements in health care despite declining oil revenues.

The French Development Agency (Agence Française de Développement, AFD) announced in March that it would renew its commitment to the Gabonese health sector with a €50m loan for the 2015-19 period. This follows on the back of a €10.5m project carried out between 2007 and 2014 that enabled the construction or refurbishment of seven maternity centres in the provinces of Estuaire and Woleu-Ntem.

The new loan will contribute to refurbishing some 30 health centres in four provinces  – Woleu-Ntem, Haut-Ogooué, Ogooué Ivindo and Ngouiné – along with the provision of medical equipment and training for 3000 staff.

Gabon lags behind some of its neighbours in terms of spending on health as a proportion of GDP, but the government has earmarked the sector as a priority following the launch of its 2011-15 National Health Strategy (Plan National de Développement Sanitaire, PNDS) in 2010. According to World Bank data, health care spending as a percentage of GDP stood at 3.8% in 2013. This compares to 5.1% of GDP in neighbouring Cameroon.

Universal health coverage

Despite anticipated lower oil revenues, the government is expected to continue to invest in health in 2015 through the PNDS. The plan aims to improve the overall governance of health care, reduce infant and maternal mortality, and invest in infrastructure.

Some of Gabon's achievements are noticeable, particularly with regard to its health insurance coverage, with the National Insurance and Social Welfare Fund (Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale, CNAMGS) launched in 2007. Initially focused on providing insurance for the most vulnerable citizens, the programme was extended in 2010 to cover government workers, and again in 2013 to cover private sector employees, who were previously registered under the National Social Security Fund.

The insurance strategy will enable the government to better control costs induced by the reform, which will partly be financed through a mandatory health insurance levy. All three groups receive the same package of benefits, including medical consultation, nursing and diagnostic services, comprehensive basic maternal health care and hospital care. While public and private sector employees contribute to their own scheme, the coverage for the most vulnerable members of society is funded by a 10% levy on mobile phone companies and a 1.5% charge on international money transfers.

In January, the government announced the second phase of the enrolment of low-income Gabonese to the health scheme − with targets to raise enrolments above the current level of 36% of the population − through various campaigns led by CNAMGS.

Foreign assistance

Notwithstanding current efforts, an IMF report published in February said Gabon continued to rank lower than its peers in basic welfare provisions such as health and primary education. Moreover, the absence of up-to-date surveys limits the authorities’ capacity to account for recent trends in basic social indicators, the Fund added. In addition to these factors, the government will also need to keep a close eye on investments in health care this year, as falling oil revenues mean spending could come under strain, despite forecasts of GDP growth reaching 4.8% in 2015.

As a result, the health sector in Gabon continues to benefit from the support of a large number of development partners, including the World Bank, the World Health Organisation, and the African Development Bank (AfDB). Most of these organisations tend to focus on technical rather than financial assistance due to Gabon’s status as an upper-middle income country, which prevents it from receiving much financial aid. The AfDB has been the largest foreign contributor until now, but there has been some private sector involvement, with Austria’s VAMED managing 12 health centres, including three University Hospital Centres (Centres Hospitaliers Universitaires, CHU) in Angondjé, Owendo and Libreville.

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