Maroc : Retard possible dans les réductions des subventions

In English

L’accent mis sur l'assainissement budgétaire ainsi que sur la réforme financière a aidé le Maroc à partiellement relever les défis de l’environnement économique actuel, tout en offrant la possibilité d’enregistrer de meilleurs résultats au premier trimestre 2013.

Le Maroc a du faire face à plusieurs difficultés exogènes ces dernières années, notamment un manque de liquidités et des déficits croissants provoqués par la crise en Europe, ainsi qu’une hausse du prix des matières premières.

La conjoncture économique a été difficile en 2012, une hausse du prix du pétrole et des récoltes particulièrement mauvaises faisant tomber le PIB annuel de 5% l’année dernière à 3% cette année, et le déficit fiscal ayant quant à lui augmenté, passant de 6.8% du PIB en 2011 à 7.5%. Les piètres performances répétées des marchés européens ont contribué à éroder encore plus les sources de revenus cette année, avec des envois de fonds et recettes provenant du tourisme accusant respectivement une baisse de 3.8% et 1.6% au premier trimestre 2013.

Cependant, les indicateurs devraient s’améliorer au cours de l’année 2013 avec un certain nombre d’évolutions encourageantes venant accélérer l’élan amorcé.

Le FMI a octroyé 6,2 milliards de dollars de ligne de crédit de précaution au Maroc en août 2012 pour appuyer le budget de l'État si nécessaire, bien que le pays n'y est pas encore fait appel. Un document d'évaluation rédigé par des membres du FMI en février a souligné la solidité des politiques monétaires et fiscales du pays, ainsi que les efforts accomplis en matière de réforme structurelle, qui ont selon le FMI constitué des fondements solides pour la politique économique actuelle. Le FMI a aussi souligné que la stratégie du Maroc devrait aider le pays à traverser cette période difficile.

En dépit de la baisse des recettes liées au tourisme et aux envois de fonds des expatriés, l'économie a bénéficié d'une réduction du déficit commercial et d'une augmentation des investissements directs à l'étranger (IDE). Le déficit commercial du Maroc a diminué de 5,2 % en année glissante pour atteindre 44,79 milliards de dirhams (soit 4,02 milliards d'euros) au premier trimestre 2013 suite à une baisse des importations. La somme totale des IDE est passée de 7,35 milliards de dirhams (0,66 milliards d'euros) au premier trimestre 2012 à 10,57 milliards de dirhams (0,95 milliards d'euros) au cours de la même période cette année, grâce à la vente des parts de la Société nationale d'investissement (SNI) dans plusieurs groupes agroalimentaires. Ces cessions de parts de la SNI dans différentes sociétés, dont l'entreprise Centrale laitière et le fabricant d'huile alimentaire Lesieur Cristal, ont apporté environ 900 millions de dollars de capitaux provenant d'acheteurs étrangers.

Cependant, si le pays a enregistré de bons résultats économiques au premier trimestre 2013, il devra encore ajuster davantage le niveau de ses dépenses pour pouvoir reconstituer ses réserves fiscales et de change.

Au mois d'avril; le gouvernement a diminué son budget d'investissement 2013 de 180 milliards de dirhams (16,16 milliards d'euros) à 165 milliards de dirhams (14,81 milliards d'euros), et a ainsi économisé 15 milliards de dirhams (1,35 milliards d'euros) afin d'alléger la pression sur les finances publiques. Cette décision signale la volonté du gouvernement de diminuer de 12 % par rapport à l'an dernier l'enveloppe de 188 milliards de dirhams (16,87 milliards d'euros) pour les investissements prévus, et les coupes budgétaires devraient concerner tous les ministères.

Dans leurs commentaires publiés dans la presse internationale, les membres du gouvernement ont aussi indiqué qu'une révision des subventions et des systèmes de retraite pourrait bientôt être à l'ordre du jour. Dans ses recommandations, le FMI avait vivement encouragé le Maroc à traiter le problème des subventions, en déclarant qu'une telle action pourrait contribuer à assainir les finances publiques. Les subventions aux produits alimentaires et à l'énergie pèsent fortement sur les finances de l'État, et elles ont bondi de 29,8 milliards de dirhams (2,67 milliards d'euros) en 2010 à 53 milliards de dirhams (soit 4,76 milliards d'euros) en 2012, suite aux politiques sociales adoptées à la fin 2011.

Le gouvernement a mentionné en janvier 2013 qu'un programme de réformes pour remplacer certaines de ces subventions, accompagné d'un soutien financier aux familles à faible revenu, pourrait être lancé en juin. Cependant, le caractère politiquement sensible du sujet des réformes des subventions compliquera toute tentative de changement, notamment dans le contexte économique actuel. Des rapports plus récents laissent entendre que les membres du gouvernement pourraient bien décider de mettre de côté la réforme des subventions, pour la réexaminer plus tard dans l'année.

Le Maroc devra également recapitaliser et restructurer sa caisse de retraite publique, la Caisse marocaine des retraites (CMR), qui est très endettée. Selon la presse locale, les réformes pourraient se concentrer sur une réduction des contributions publiques, sur une hausse des taux de contribution des employés, ou sur une augmentation de l'âge de la retraite. Bien que les discussions sur le sujet épineux de la réforme des retraites aient provoqué des manifestations peu nombreuses à l'extérieur du siège du CMR à Rabat, le gouvernement a peu de chances de réussir à réduire le déficit budgétaire de 7,5 % du PIB à 3 % d'ici 2016 si des réductions des dépenses ne sont pas mises en œuvre.

En attendant, le gouvernement songe à émettre davantage d'obligations en 2013 afin de soutenir les finances publiques. Les membres du ministère des finances ont déclaré dans la presse internationale que des obligations habituelles ou islamiques (appelées sukuk) pourraient être émises, avec une décision attendue avant juillet. Le budget 2013 se base sur une estimation de croissance de 4,5 % du PIB, et les besoins financiers du gouvernement seront déterminés par les performances économiques des deux premiers trimestres. Le résultat final de la saison agricole, attendue pour la mi-mai, sera un indicateur important de la situation économique cette année.

Des mesures rigoureuses seront probablement nécessaires pour soutenir la stabilité fiscale et la croissance sur le long-terme. Mais des décisions provisoires visant à renforcer l'économie, à assainir les dépenses publiques et à renforcer la confiance des investisseurs devraient contribuer à maintenir la stabilité économique du Maroc sur le moyen-terme.


Morocco: Cut in subsidies could face delay

 

En Français

A focus on fiscal consolidation and financial reform has helped Morocco weather the challenges of the current economic environment while steering the country toward a solid first quarter performance in 2013.

Morocco has grappled with a number of exogenous challenges in recent years, including a liquidity shortage and growing deficits sparked by the downturn in Europe, and rising commodity prices.

Economic conditions were difficult in 2012, with higher oil prices and a particularly poor harvest pushing annual GDP growth down to 3% from 5% the previous year, while the fiscal deficit grew from 6.8% of GDP in 2011 to 7.5%. The continued poor performance of Europe’s markets has contributed to a further erosion of revenue sources this year, with tourism receipts and remittances falling by 1.6% and 3.8%, respectively, in the first quarter of 2013.

However, indicators are expected to improve later in 2013 with a number of encouraging developments helping increase momentum.

The IMF awarded Morocco a $6.2bn precautionary liquidity line in August 2012 to support the state budget if necessary, although the country had yet to tap it as of early 2013. A February assessment by IMF officials highlighted Morocco’s sound monetary and financial policies, alongside its positive structural reform efforts, which it said had provided solid foundations for the current economic programme. The fund added that Morocco’s strategy should help navigate the economy through the current challenging times.

Despite falling tourism and remittances receipts, the economy has been buoyed by improvements in the trade deficit and foreign direct investment (FDI) levels. Morocco’s trade deficit decreased by 5.2% year-on-year (y-o-y) to reach Dh44.79bn (€4.02bn) in the first quarter of 2013 as imports slowed. Total FDI rose from Dh7.35bn (€0.66bn) in the first quarter of 2012 to Dh10.57bn (€0.95bn) in the same period this year, buoyed by the sale of the National Investment Company’s (Société Nationale d’Investissement, SNI) stake in several agro-industrial groups. SNI’s divestment from a number of operations, including the dairy firm Centrale Laitière and edible oils producer Lesieur Cristal, brought in roughly $900m from international buyers.

However, while Morocco’s economy gave a positive performance in the first quarter of 2013, the country will have to adjust its spending patterns further if it is to rebuild its fiscal and external reserves.

In April, the government cut its 2013 investment budget from Dh180bn (€16.16bn) to Dh165bn (€14.81bn), creating savings of Dh15bn (€1.35bn) in an effort to ease strained public finances. The move signals a 12% drop on last year’s allocation of Dh188bn (€16.87bn) for planned investment, with cuts expected to be introduced across the government in each ministry’s budget.

In comments carried by the international press, government officials also suggested that a review of subsidy and pension systems could be on the horizon. The IMF had urged Morocco to address the issue of subsidies in its recommendations, saying such a move could help streamline public finances. Food and energy subsidies weigh heavily on the public sector, having shot up from Dh29.8bn (€2.67bn) in 2010 to Dh53bn (€4.76bn) last year as a result of social policies enacted in late 2011.

The government hinted in January 2013 that a reform programme to replace some subsidies, alongside financial support for low-income families, could be introduced by June. However, the politically sensitive nature of subsidy reforms will make it difficult to implement changes, particularly in the current economic environment. More recent reports suggest officials may choose to put subsidy reform on hold, with a view to revisiting it later in the year.

Morocco will also need to recapitalise and restructure its heavily indebted public retirement fund, the Caisse Marocaine des Retraites (CMR). According to local press, reforms could focus on reducing the government’s high level of contribution, increasing employee contribution rates or revising the retirement age. While discussions on the contentious issue of pension reform have sparked minor protests outside the CMR headquarters in Rabat, the government is unlikely to meet its goal of bringing the fiscal deficit down from 7.5% of GDP to 3% by 2016 unless spending cuts are implemented.

In the interim, the government is considering a further debt issue in 2013 as a means of supporting public finances. Ministry of Finance officials indicated in the international press that either a conventional or Islamic bond (sukuk) could be issued, with a decision expected by July. The 2013 budget is based on projections of 4.5% GDP growth, and the government’s current financing needs will be determined by economic performance in the first two quarters. The final outcome of the agricultural season, expected by end-May, will be an important indicator for the year.

Tough measures will likely be necessary to support long-term fiscal stability and growth. But interim action aimed at strengthening the economy, streamlining public spending and reaffirming investor confidence, should keep Morocco on a firm footing in the near term.

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