Maroc Bilan de l’Année 2016

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Bien que le Maroc ait enregistré une croissance économique plus faible que prévu en 2016, les mesures incitatives récemment mises en place afin d’encourager les investissements, les réformes  financières, les efforts visant à améliorer les infrastructures et l’attention accrue accordée aux énergies renouvelables devraient donner un coup de fouet au développement économique du royaume.

Selon le Haut Commissariat au Plan, la croissance économique ralentira à la fin de l’année 2016 pour s’établir à 1,5 %, contre 4,5 % en 2015. Ce repli est principalement attribué à la sécheresse qui a frappé le pays durant l’hiver 2015 et fortement touché la production agricole de 2016.

Cependant, le ralentissement économique devrait être de courte durée si l’on se fie aux prévisions du Fonds monétaire international (FMI), selon lesquelles l’économie devrait croître de 4,1 % en 2017 et de 5 % à l’horizon 2020.

La nouvelle Chartre de l’investissement

Si de nombreux pays dans la région ont enregistré une chute des investissements directs étrangers (IDE) au cours des cinq dernières années, le Maroc affiche des IDE en augmentation de 11% entre 2010 et 2015, ces derniers atteignant 39 milliards de dirhams (3,6 milliards d’euros). Le gouvernement cherche également à tirer profit des IDE et d’en attirer de nouveaux à l’aide de la nouvelle Chartre de l’investissement adoptée en juillet.

La nouvelle chartre, qui remplace celle de 1995, reconnaît le statut d’exportateur indirect, en plus de prévoir la création de zones franches dans les 12 régions du pays, des mesures incitatives destinées aux entreprises exportatrices et industrielles, ainsi que la restructuration des activités de promotion de l’investissement sous l’égide d’un organe centralisé, l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE).

Les efforts visant à promouvoir les investissements ont suscité un vif intérêt auprès des entreprises. En effet, au lendemain de l’adoption de la nouvelle chartre, le Maroc a signé 30 contrats d’investissement d’une valeur totale de 7,5 milliards de dirhams (688,7 millions d’euros) avec des entreprises étrangères (Royaume-Uni, Canada, Brésil, Chine, Inde et Russie), dont le fabricant britannique de pièces automobiles Delphi et l’industriel canadien Linamar.

Un secteur financier dynamisé

La nouvelle Chartre de l’investissement s’ajoute aux initiatives lancées pour améliorer les performances boursières et proposer de nouveaux produits aux personnes qui n’ont pas encore accès aux services bancaires. Les mesures prises pour accroître l’inclusion financière s’accordent avec l’objectif global d’accroître les liquidités et d’améliorer la compétitivité du secteur financier local sur la scène nationale.

Fin juin, le gouvernement a procédé à sa première privatisation en ouvrant 40 % du capital de la Société d’Exploitation des Ports, plus connue sous le nom de Marsa Maroc, sur la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC).

Valorisée à 1,94 milliard de dirhams (177,9 millions d’euros), cette cotation – la plus importante du pays en huit ans et l’unique de l’année 2016 –  s’inscrit dans des opérations plus vastes visant à moderniser le marché boursier et à améliorer les liquidités. Les investisseurs individuels représentent 600 millions de dirhams (55 millions d’euros).

Ces mesures font suite à la création de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) au mois de février. Ce nouvel organe est en charge de la réglementation du marché et remplace le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), qui relevait du ministère de l’Economie et des Finances. La plus grande différence entre l’AMMC et le CDVM tient probablement à son indépendance vis-à-vis du gouvernement.

Dans le secteur bancaire, les autorités ont annoncé la création de banques islamiques et la mise en place d’un système de paiement mobile afin d’étendre la couverture bancaire à une population non bancarisée.

En juillet, la banque centrale Al Maghrib (BAM) a annoncé  le lancement des procédures d’approbation des banques islamiques, pour un déploiement opérationnel dès 2017. Dans la foulée, dix dossiers d’agrément ont été déposés auprès des autorités marocaines : sept concernant l’ouverture de banques islamiques, et trois concernant l’offre de produits financiers islamiques auprès des établissements existants d’ici la fin de l’année. Plus tôt ce mois-ci, la Qatar International Islamic Bank a déclaré avoir obtenu l’autorisation d’ouvrir une filiale au Maroc.

Le Maroc a également annoncé  la mise en place d’un système de paiement mobile. Selon la BAM, en vertu des nouvelles réglementations, les entités non-bancaires et les particuliers pourront ouvrir des comptes. Les transactions par paiement mobile seront ainsi étendues au commerce de détail, au paiement de factures de services en réseau et à l’achat de recharges téléphoniques.

Le Plan de développement de Casablanca

Outre le secteur financier, le gouvernement s’est intéressé aux infrastructures urbaines qu’il compte moderniser afin d’améliorer la connectivité et de répondre aux nouveaux besoins suscités par l’urbanisation rapide du royaume.

Par exemple, Casablanca – plus grande ville et capitale commerciale du royaume – est au cœur de ces efforts de modernisation.  L’an dernier, le roi Mohamed VI a dévoilé le plan de développement  stratégique de Casablanca 2015-2020, qui vise à renforcer l’inclusion socio-économique, la connectivité et la mobilité tout en encourageant le développement de la ville en tant que hub financier international.

Près de 27 milliards de dirhams (2,50 milliards d’euros) ont été mis de côté pour des projets destinés à améliorer la mobilité (construction d’une seconde ligne de tramway, rénovation d’au moins 32 km de route à Casablanca, amélioration des accès piétons et sécurité accrue grâce à davantage d’éclairage et de  surveillance), sur les 33,6 milliards de dirhams (3,1 milliards d’euros) du budget global du plan quinquennal.

Les énergies renouvelables

Le développement des énergies renouvelables fait figure de priorité pour le gouvernement qui s’emploie à réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles importées ainsi qu’à limiter sa consommation croissante d’électricité.

Les objectifs d’efficacité énergétique visent à porter la part de l’électricité renouvelable à 42 % d’ici l’horizon 2020 et à 52 % d’ici à 2030. Le Maroc mise sur son rôle d’hôte lors de la 22e édition de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques pour se rapprocher de ces objectifs. 

En février 2016, la première centrale solaire à concentration, baptisée Noor, a été mise en service à Ouarzazate. Ce site de 2 500 hectares sera la plus vaste centrale solaire d’Afrique et la plus grande centrale solaire à concentration du monde.

Les travaux de construction de la centrale s’effectueront en trois étapes. La première phase du projet,  Noor I, a été lancée en février et dispose d’une capacité de production de 160 MW. Les deux autres phases, Noor II et Noor III, produiront respectivement 200 et 150 MW et devraient être en partie opérationnelles en 2017 avant de fonctionner à plein régime en 2019.

 

 

Morocco Year in Review 2016

En Français

While Morocco’s economic growth was slower than anticipated in 2016, newly introduced investment incentives, financial reforms, efforts to improve infrastructure and an increasing emphasis on sustainable energy are expected to boost economic development.

According to the High Planning Commission, economic growth will slow to 1.5% by the end of 2016, down from 4.5% in 2015, the main factor being a 2015 winter drought that substantially reduced agricultural output for 2016.

Contracted growth is expected to be short lived, however, as the IMF anticipates the economy will grow by 4.1% in 2017 and 5% by 2020.

New investment code                                      

While numerous countries in the region experienced falls in foreign direct investment (FDI) between 2010 and 2015, Morocco saw an increase of 11%, reaching Dh39bn (€3.6bn). Authorities are also looking to capitalise on and attract further FDI through a new investment law introduced in July.

The new legislation, which replaces a previous law implemented in 1995, creates free zones in each of the country’s 12 regions, recognises indirect exporter status, creates incentives for export-oriented and industrial companies, and restructures investment promotion activities under the centralised Moroccan Agency for Investment Development and Export.

Efforts to boost investment have garnered significant interest. Immediately after the new law was implemented, Morocco signed a total of 30 contracts totalling Dh7.5bn (€688.7m) worth of international investment agreements with companies from the UK, Canada, Brazil, China, India and Russia, including UK-based automotive manufacturer Delphi and Canadian manufacturer Linamar.

Boosting the financial sector

The new investment law complements efforts to enhance the stock exchange and introduce new banking products targeting previously unbanked groups. Moves to increase financial inclusion dovetail with the overall goal of raising liquidity and improving the competitiveness of the local financial sector at the international level.

In late June the government carried out its first privatisation through the capital markets, floating a 40% stake in state-owned port operator Marsa Maroc on the Casablanca Stock Exchange.

The initial public offering, Morocco’s largest in eight years and the only one of the year, was part of a wider effort to modernise the stock exchange and boost liquidity. It was valued at Dh1.94bn (€177.9m), of which Dh600m (€55m) came from individual investors.

These developments follow the creation of the Moroccan Capital Market Authority (Autorité Marocaine du Marches des Capitaux, AMMC) in February. The new body took over regulation of the stock market from the Securities Ethics Council, which had operated under the Ministry of Economy and Finance. The most significant difference between the AMMC and its predecessor is that the new body is independent from the government.

In the banking sector, authorities announced plans to introduce both Islamic banking and mobile-to-mobile payments to extend banking coverage to the previously unbanked.

After the central bank, Banque Al Maghrib (BAM), announced in July it would begin licensing Islamic banks, Moroccan authorities received seven requests to open Islamic banks and three applications to open windows for Islamic products by the end of the year. BAM aims to have Islamic banks start operations in 2017, with Qatar International Islamic Bank announcing earlier this month that it had received authorisation establish a bank in Morocco.

Moroccan finance officials also released plans to introduce mobile-to-mobile payments. According to BAM, new regulations will allow non-bank entities and individuals to open accounts and expand mobile payments to transactions such as retail and utilities payments, and topping up mobile phones.

Casablanca Development Plan

Beyond the financial sector, upgrades in urban infrastructure are being eyed to improve connectivity and accommodate rapid urbanisation.

Casablanca, the country’s largest city and its commercial capital, is at the centre of these efforts. In the previous year, King Mohamed VI rolled out the 2015-20 Casablanca Strategic Development Plan, which aims to boost socioeconomic inclusion, connectivity and mobility while encouraging the development of the city as an international financial centre.

Almost Dh27bn (€2.5bn) of the five-year plan’s total budget of Dh33.6bn (€3.1bn) has been set aside for projects such as the creation of a second tramline, the upgrade of at least 32 km of Casablanca’s roads, improved pedestrian access, and increased security through better lighting and surveillance.

Renewables

The development of renewable energy sources is a key government priority to offset the country’s dependence on imported fossil fuels and its rising electricity consumption.

Morocco aims to increase the share of renewable energy to 42% by 2020 and 52% by 2030, and hopes to leverage its role as host for the 22nd Conference of the Parties climate change event to bring this goal closer to fruition.

To this end, in February 2016 the first concentrated solar power (CSP) facility, dubbed Noor, was launched in Ouarzazate. Noor, which will occupy an area of around 2500 ha, will be Africa’s largest solar plant and the world’s biggest CSP facility.

The power plant is being constructed in three stages, with the 160-MW Noor I launched in February, and the 200-MW Noor II and 150-MW Noor III set to go on-line in 2017 and achieve full operational status in 2019.

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