Le secteur bancaire ivoirien se prépare pour Bâle II et III

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Dernière arrivée sur la scène bancaire ivoirienne, la Banque d’Abidjan (BDA) a ouvert ses portes le 5 septembre, portant à 28 le nombre total d’acteurs financiers que compte le pays.

C’est dans un contexte de réformes radicales du secteur bancaire qu’a eu lieu son lancement, la Côte d’Ivoire mettant tout en œuvre pour respecter les normes minimales de fonds propres issues de Bâle II et III.

La BDA est une filiale de la holding Société Ivoirienne des Finances, une coentreprise entre le groupe sénégalais Banque de Dakar, qui détient 80% des parts de l’établissement, et le groupe postal public ivoirien, La Poste, qui détient les 20% restants.

La banque profitera du réseau de la Poste et de ses 200 agences à travers le pays pour établir sa présence, prévoyant de surcroît l’ouverture de 32 succursales supplémentaires d’ici fin 2017. Elle vise en premier lieu une clientèle haut de gamme et les grandes entreprises et offrira un large éventail de services financiers mobiles. Actuellement dotée d’un capital de 15 milliards de francs CFA (22,9 millions d’euros), la banque pourrait bien voir ce dernier, à en croire les prévisions, atteindre 17 milliards de francs CFA (25,9 millions d’euros) d’ici la fin de l’année.

Les préparations pour Bâle II et III vont bon train

L’entrée de la nouvelle banque sur le marché ivoirien coïncide avec l’introduction progressive d’une série de réformes ambitieuses dans la région en prévision de la mise en œuvre du cadre règlementaire issu de Bâle II et III.

La mise en place de cette règlementation est effectuée de manière graduelle par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), avec une adoption officielle prévue au plus tard pour le 1er janvier 2018, et un délai de cinq ans pour s’y conformer pleinement.

Conformément aux normes en vigueur, le secteur bancaire de la région va s’employer à renforcer les ratios prudentiels, à consolider le contrôle du secteur bancaire régional, à accroître la transparence et à moderniser les systèmes d’information.

Le relèvement du capital social minimum des établissements bancaires de la zone UEMOA, une disposition visant à renforcer la solidité du secteur avec l’obligation de s’y conformer au plus tard le 1er juillet de cette année, constitue l’élément fondamental des réformes. Ayant été porté en milieu d’année 2015 à 10 milliards de francs CFA (15,2 millions d’euros) ce seuil pourrait être relevé à nouveau afin de réduire les risques opérationnels et les risques de marchés conformément aux nouvelles dispositions des accords de Bâle.

« Pour les banques qui disposent d’appuis financiers extérieurs, il s’agira uniquement de réfléchir à la meilleure stratégie à adopter pour mobiliser les capitaux nécessaires et se conformer aux nouveaux seuils », a expliqué Habib Koné, CEO d’Atlantic Business International, holding de la Banque Centrale Populaire, lors d’un entretien avec OBG.

Le ratio de solvabilité, qui s’élevait à 8,04% en juin, devrait égaler évoluer à la hausse. « Conformément aux normes minimales de fonds propres issues de Bâle III, notre ratio de fonds propres passera de son taux actuel de 8% à 11,5% de capital aux avoirs pondérés par le risque, ce qui nécessite une augmentation des fonds propres pour les banques en Côte d’Ivoire, » a déclaré Jean-Louis Menann Kouamé, PDG de la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de la Côte d’Ivoire, à OBG.

Des mesures récemment mises en place par la BCEAO devraient également soutenir les préparatifs du secteur bancaire avant la date butoir de janvier.

Parmi ces dernières, on peut citer la décision adoptée fin décembre l’année dernière d’instaurer un plafond à la facilité de prêt de la BCEAO, équivalent à deux fois le capital de la banque débitrice, limitant de fait l’accès à cette possibilité de refinancement populaire, dans le but de promouvoir le marché interbancaire.

Répondant à la pression des banques, le BCEAO a abaissé au mois de mars le taux de réserves obligatoires sur les dépôts bancaires, le faisant passer de 5% à 3% afin d’augmenter la liquidité des banques et de réduire les besoins de refinancement en Afrique de l’Ouest.

Les banques à l’affût de nouvelles pistes en matière de mobilisation de capitaux

Le programme de réformes a toutefois exposé les liquidités bancaires à des pressions, et ce dans un marché déjà extrêmement compétitif, poussant les banques à étudier de nouvelles pistes de financement.

En mars, le capital-investisseur panafricain Development Partners International a fait l’acquisition de 20,2% du capital de la banque ivoirienne Atlantic Business International pour un montant de 100 millions de dollars (85,2 millions d’euros). Trois mois plus tard, la compagnie d’assurance internationale Swiss RE a acquis une participation minoritaire dans la holding financière ivoirienne Manzi Finances, qui détient 60% de NSIA Participations, groupe financier dont le siège est à Abidjan, pour la somme de 100 millions d’euros.

Des banques plus petites procèdent également à des augmentations de leur capital en prévision de la nouvelle législation, Orabank Côte d’Ivoire s’étant par exemple vu octroyer au mois de juillet un prêt de 20 milliards de francs CFA (30,5 millions d’euros) par la Banque Ouest-Africaine de Développement afin de renforcer ses réserves.

La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) constitue un autre recours pour les banques désireuses de réunir des capitaux. La décision du Groupe NSIA d’introduire 20% de son capital en bourse au mois de juin dernier a permis à la banque de récolter 34 milliards de francs CFA (51,8 millions d’euros).

Ecobank Côte d’Ivoire devrait lui emboîter le pas avant la fin 2017. « Nous espérons lever 45 milliards de francs CFA (68,6 millions d’euros) grâce à l’introduction à la BRVM cette année de nouvelles actions d’Ecobank Transnational, notre principal actionnaire, » a déclaré Charles Daboiko, le directeur général de la banque, lors d’un entretien avec OBG.

La consolidation à l’ordre du jour

L’accent placé sur les niveaux de liquidité laisse de plus en plus supposer que le secteur connaitra une vague de consolidation du marché, aussi bien à l’échelle nationale que régionale.

À titre d’exemple, NSIA Banque a annoncé son projet de racheter 97% des parts de Diamond Bank au Bénin, une filiale ouest-africaine de la banque nigériane éponyme, pour un montant estimé à quelque 40 milliards de francs CFA (61 millions d’euros).

 

Côte d’Ivoire banking sector preparing for Basel II and III

En Français

Banque d’Abidjan (BDA) became the latest lender to open its doors in Côte d’Ivoire, bringing the total number of financial players in the country to 28 on September 5.

Its launch took place against a backdrop of sweeping reforms being implemented across the sector as Côte d’Ivoire prepares to meet the capital standards’ requirements of Basel II and III.

BDA is a subsidiary of the Société Ivoirienne des Finances Holding, a joint venture for Senegal’s Banque de Dakar Group, which has an 80% stake in the lender, and the country’s state-owned mail carrier, La Poste, which owns the remaining 20%.

The bank will establish a presence throughout La Poste’s current network of 200 agencies and open an additional 32 branches nationwide by the end of 2017, primarily targeting high-value clients from large corporations and providing broad-based financial services for the local mobile banking industry. Its capital currently stands at CFA15bn (€22.9m), with forecasts indicating that this could reach CFA17bn (€25.9m) by the end of 2017.

Preparations for Basel II and III under way

Côte d’Ivoire’s newest bank is entering the market in tandem with the phased introduction across the region of an ambitious reform package in preparation for the implementation of Basel II and III frameworks.

It is being implemented gradually by the Central Bank of West African States (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, BCEAO), with the deadline for formal adoption set for January 1, 2018, and full compliance targeted within a five-year period from that date. 

In line with the required standards, the region’s banking industry will move to tighten solvency and risk ratios, consolidate supervision of the regional banking sector, increase transparency and update its information systems.

A new recapitalisation policy forms a key part of the reforms. The minimum share capital requirement for banks in the UEMOA zone was increased to CFA10bn (€15.2m) in mid-2015, with banks given until July this year to comply, although this could increase later as a means of reducing operational and market risks in accordance with Basel modifications.

“For banks having outside backing, adhering to the new requirements will merely be a matter of which strategy to employ to raise the needed capital and meet the required standards, Habib Koné, CEO of Banque Atlantique, told OBG.

The solvency ratio, which stood at 8.04% in June, is also set to rise. “As per the Basel III capital standards, our capital adequacy ratio will increase from its current 8% to 11.5% of risk-weighted assets, which require an increase in equity for banks in Cote d’Ivoire,” Jean-Louis Menann Kouamé, CEO of La Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de la Côte d’Ivoire, told OBG.

Measures implemented recently by BCEAO are also expected to support the banking industry’s preparations ahead of the January deadline.

These include a decision taken at the end of December last year to cap recourse to the BCEAO’s lending facility at 200% of a bank’s capital, effectively tightening access to its popular refinancing window, with the aim of promoting the interbank market.   

In March, in response to lobbying from banks, the BCEAO lowered the reserve requirement ratio on bank deposits from 5% to 3% in a bid to boost liquidity and reduce the need to refinance in West Africa.   

Banks eye new channels for raising capital

However, the reform programme has put a squeeze on bank liquidity in what is already a highly competitive market, prompting lenders to explore new financing avenues.

In March the pan-African private equity firm Development Partners International acquired a 20.2% share in Côte d’Ivoire lender Atlantic Business International for $100m (€85.2m). Three months on, global insurance company Swiss RE acquired a minority stake in local financial services holding company Manzi Finances for €100m. Manzi Finances owns 60% of NSIA Participations, an African financial services group headquartered in Abidjan.

Smaller banks are also increasing their capital ahead of the new requirements, with Orabank Côte d’Ivoire securing a CFA20bn (€30.5m) loan from the West African Development Bank in July to bolster its reserves.   

The Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) presents another option for banks looking to raise capital. A move by NSIA Group to list 20% of its shares on the exchange in June enabled the bank to raise CFA34bn (€51.8m).

Ecobank Côte d’Ivoire expects to follow suit before the end of 2017. “We are planning to raise CFA45bn (€68.6m) with an initial public offering on the BRVM this year by diluting the shares of Ecobank Transnational, our main shareholder,” Charles Daboiko, the lender’s managing director, told OBG.

Consolidation on the cards

With the spotlight on liquidity levels, speculation is rising that the industry could be poised for a wave of market consolidation, both locally and across the region.

NSIA Banque, for example, has signalled its plans to take a 97% controlling stake in a West African subsidiary of Nigeria’s Diamond Bank in Benin, which operates under the same name, in a deal valued at some CFA40bn (€61m).

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