Le Sénégal vise les 1.5 million de visiteurs d'ici à 2015

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Le tourisme est depuis longtemps l'une des principales sources de devises étrangères au Sénégal. Si le ralentissement observé sur les principaux marchés d'origine a entraîné un repli de ces revenus au cours des dernières années, le gouvernement cherche aujourd'hui à redynamiser le secteur par le biais d'un investissement chiffré à 62 milliards de francs CFA (93 millions d'euros), prévu au cours des 14 prochains mois.

Le regroupement récent des ministères du Tourisme et du Transport aérien au sein d'un même portefeuille, nouvellement confié à Oumar Gueyeu, devrait également permettre d'adopter une approche plus rationalisée pour réformer le secteur et améliorer ses performances. L'étroit rapprochement entre les services aériens et le tourisme pour faire grimper les chiffres est une stratégie qui a porté ses fruits dans de nombreuses régions du monde, notamment à Dubaï et en Turquie. M. Gueye s'est donné pour objectif d'accueillir 1.5 million de visiteurs à l'horizon 2015, soit une hausse de 875 000 visiteurs par rapport à l'année 2007, qui a précédé la crise.

En 2012, les principaux pays d'origine des visiteurs étrangers étaient la France, qui totalisait 43.7 % de visiteurs (194 609), suivie par les États-Unis avec 3.9 % de visiteurs (17 514), puis la Belgique avec 3.5 % (15 600). Les visiteurs d'autres pays d'Afrique ont représenté un quart des arrivées de non-résidents au cours des années précédentes.

Les visiteurs étrangers s'ouvrent à de nouveaux horizons

Le Sénégal possède de nombreux attributs naturels qui devraient favoriser le dynamisme du secteur du tourisme et des loisirs, notamment un climat doux et 700 km de plages le long de la Petite Côte et de Cap Skirring. Par ailleurs, le pays accueille le siège régional d'un certain nombre d'organisations et sociétés étrangères, ce qui offre une assise considérable pour les visiteurs d'affaires. Le secteur est la seconde source de devises étrangères ; en 2011, il représentait 6.3 % de l'emploi total.

Pourtant, malgré ces avantages, il n'a pas enregistré de progression. D'après l'Agence nationale de la statistique et de la démographie, le nombre de touristes qui entrent au Sénégal via l'aéroport international Léopold Sédar Senghor (LSS) de Dakar a chuté de 1.2 % entre 2011 et 2012, pour s'établir à 444 432, après un repli de 3 % observé entre 2010 et 2011. Selon la Banque mondiale, le nombre total de passagers aériens à destination du Sénégal [par opposition aux simples touristes] est passé de 572 609 en 2009 à 543 988 en 2012. Parallèlement, la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) a déclaré que les revenus du secteur de l'hôtellerie et de la restauration ont reculé de 3 % en 2012.

Si l'on se fie aux premières indications, l'année 2013 aura également été une année difficile. Se fondant sur les chiffres les plus récents disponibles, la DPEE a signalé un fléchissement de 35.8 % du nombre de touristes arrivés à l'aéroport LSS au mois de janvier, le mois le plus chargé de la saison, par rapport à janvier 2012.

De nouveaux frais et taxes

Un certain nombre de facteurs, à la fois extérieurs et intérieurs, permettent d'expliquer les performances modérées du secteur touristique.

L'une des principales difficultés exogènes a été le ralentissement constaté sur les principaux marchés sources, tels que la France et les États-Unis, où les ménages ont revu à la baisse leurs dépenses discrétionnaires. La chute du nombre de visiteurs n'a pas affecté que le Sénégal, mais frappé un certain nombre de marchés sur l'ensemble du continent, notamment le Maroc et l'Afrique du Sud.

En outre, le niveau élevé des taxes et frais d'aéroport a entraîné une hausse des coûts de transport pour les visiteurs. Ces quelques dernières années, le Sénégal a relevé ses taxes d'aéroport, en partie pour financer la construction du nouvel aéroport international Blaise Diagne, dans le sud de Dakar, chiffrée à 200 milliards de francs CFA (305 millions d'euros). Les frais de douane à l'arrivée, par exemple, ont progressé de 50 %, passant de 20 000 francs CFA (30 euros) à 30 000 francs CFA (46 euros). Le gouvernement espère que le nouvel aéroport, qui désengorgera sensiblement l'aéroport LSS, ouvrira ses portes en 2015, ce qui pourrait permettre d'envisager une réduction des taxes et des frais d'atterrissage.

Les nouvelles obligations de visa, applicables depuis le mois de juillet dernier, ont également compliqué les conditions d'entrée pour les visiteurs potentiels. Les visiteurs originaires de pays qui imposent l'obtention d'un visa aux ressortissants sénégalais, notamment l'Europe et les États-Unis, ont désormais l'obligation d'obtenir un visa biométrique au prix de 50 euros pour entrer sur le territoire national. Les voyagistes craignent que le coût prohibitif du visa et les démarches administratives compliquées dissuadent les visiteurs, craintes auxquelles M. Gueye a récemment répondu en affirmant que le nouveau visa ne serait pas un frein au tourisme tant que la procédure de demande serait « bien huilée ».

Élargir l'offre touristique

D'autres acteurs du secteur appellent à intensifier les efforts pour opérer une diversification, et ne pas se cantonner au tourisme balnéaire et maritime, un segment dans lequel le Sénégal est en concurrence avec le Maroc et d'autres pays méditerranéens, où les coûts sont moins élevés. Ils souhaitent en effet privilégier l'éco-tourisme, et mettre en avant des attractions uniques, telles que le parc ornithologique de Djoudj, l'un des plus grands au monde, ainsi que différents sites culturels, dont l'Île de Gorée, ancien centre de traite des esclaves. La Société d'aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO), promoteur touristique public sénégalais, a récemment indiqué qu'une diversification de l'offre touristique aiderait l'industrie locale à réduire sa dépendance vis-à-vis des grands voyagistes internationaux.

« Le Sénégal a bien plus que des plages à proposer aux visiteurs ; cependant, pour exploiter ces atouts, nous devons réussir à orienter les tour-opérateurs vers les offres que nous souhaitons développer au Sénégal », a déclaré Aliou Gningue, directeur de la SAPCO, à la presse locale fin septembre. Un certain nombre d'initiatives ont été lancées pour cibler le tourisme de niche, notamment la création de trois éco-villages à Casamance, grâce à un financement de 30 milliards de francs CFA (46 millions d'euros) octroyé par la Banque mondiale. Il faudra néanmoins du temps pour cueillir les fruits de ces projets.

Grâce à l'amélioration des perspectives économiques sénégalaises, mais aussi au nouveau gouvernement, le pays aura de nombreuses occasions de retrouver une solide assise dans le secteur touristique. En contrant à court terme les facteurs qui pèsent sur le secteur, et en stimulant les investissements dans la promotion et les infrastructures, le gouvernement pourra sans aucun doute aider le secteur à retrouver le chemin de la croissance.

 

Senegal sets a goal of 1.5m visitors by 2015

En Français

Tourism has long been one of the key foreign exchange earners in Senegal, and while slowdowns in major source markets have lowered revenues in recent years, the government is looking to revive the industry through an expenditure commitment of CFA62bn (€93m) over the next 14 months.

The recent merging of the tourism and air transport ministries into a single portfolio, which has been handed to newly appointed minister Oumar Gueye, should also allow for a more streamlined approach to reforming the sector and improving performance. The close correlation between air services and tourism in pursuit of boosting the numbers is a strategy that has borne results in many parts of the world, especially Dubai and Turkey. Gueye has set a goal of 1.5m visitors by 2015, up from 875,000 visitors in pre-crisis 2007.

In 2012, the top sources of foreign visitors were France, comprising 43.7% of total visitors (194,609), followed by the US with 3.9% (17,514) and Belgium with 3.5% (15,600). Visitors from other African countries have contributed as much as a quarter of non-resident arrivals in previous years.

Foreign visitors looking elsewhere

Senegal has many natural attributes that would support a vibrant leisure tourism sector, including a mild climate and 700 km of beaches along the Petite Côte and Cap Skirring, and it hosts a number of regional headquarters for foreign organisations and companies, providing a sizable base for business visitors. The industry is the second-largest foreign exchange earner and in 2011 accounted for 6.3% of total employment.

Despite these advantages, however, the sector has stagnated. According to the National Agency of Statistics and Demographics, the number of tourists entering the country at Léopold Sédar Senghor (LSS) International Airport in Dakar fell by 1.2% between 2011 and 2012, to 444,432, following a 3% decline from 2010 to 2011. The World Bank reports that total air passengers to Senegal [as opposed to purely tourists] decreased to 543,988 in 2012, from 572,609 in 2009. Meanwhile, the Senegalese Directorate of Economic Studies and Projections (Direction de la Prevision et Des Etudes Economiques, DPEE) says that hotel and restaurant sector revenues declined by 3% in 2012.

The initial indications are that 2013 has also been a difficult year. The DPEE reported a 35.8% decline in tourists entering through LSS Airport in the high-season month of January, compared to January 2012, the most recent figures that are publicly available.

New fees and taxes

There are a number of factors behind the moderated performance of the tourism sector, both external and internal.

One of the key exogenous challenges has been the slowdown in major source markets like France and the US, which have seen households in those countries curtail discretionary spending. The drop in visitor figures has not just affected Senegal, but has hit a number of markets across the continent, including Morocco and South Africa.

In addition, high airport taxes and fees have meant increased transport costs for visitors. Senegal has raised its airport taxes in recent years, in part to pay for the new CFA200bn (€305m) Blaise Diagne International Airport being constructed south of Dakar. Arrival tariffs, for example, increased 50%, from CFA20000 (€30) to CFA30000 (€46). The government expects the new airport, which will largely replace the overburdened LSS, to open in 2015, which may provide an opening to lower the taxes and landing fees.

New visa requirements introduced in July this year have also made entry requirements more burdensome for potential visitors. Visitors from countries that require visas for Senegalese citizens, including Europe and the US, are now required to obtain a €50 biometric visa to enter the country. Tourism operators worry that the prohibitive cost of the visa and the complicated documentation requirements will deter visitors. Gueye recently countered that the new visa will not be an obstacle to tourism as long as the application process is “well-oiled”.

Broadening the scope of offerings

Others in the sector are urging efforts to diversify away from beach and seaside attractions, where Senegal competes with lower-cost Morocco and the other Mediterranean countries, in favour of eco-tourism and the promotion of unique attractions, such as one of the world’s largest bird sanctuary in Djoudj, and cultural sites, including former slave trading outpost Gorée Island. Senegal’s state-owned tourism developer, the Society for the Promotion and Development of the Coast and Tourism Zones of Senegal (Societe d'Amenagement et de Promotion des Côte et Zones Touristiques du Sénégal, SAPCO) recently stressed that diversifying the tourism base would help the local industry reduce its dependence on large international tour operators.

“We have in Senegal tourist offerings other than beaches, but in order to exploit them we need to actually succeed in pushing tour operators towards offerings we want to develop in Senegal,” Aliou Gningue, the director of SAPCO, told local press in late September. A number of initiatives have been launched to target niche tourism, including a trio of eco-villages in Casamance, with CFA30bn (€46m) worth of funding from the World Bank, but it will be some time before the projects bear fruit.

With an improving economic outlook in Senegal and a new government, there are plenty of opportunities for the country to regain its footing in the tourism sector. By addressing the factors weighing on the industry in the short term, and boosting investments in promotion and infrastructure, the government can make significant strides in positioning the sector for future growth.

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