Le Maroc renforce ses capacités de dessalement afin d’assurer la sécurité des ressources en eau

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Le Maroc vient de signer un accord portant sur la construction de la plus vaste usine de dessalement de l’eau de mer au monde, qui devrait contribuer à limiter la raréfaction des ressources en eau du pays.

Fin juin, la multinationale espagnole Abengoa a conclu la mise en œuvre de la première phase du projet de construction d’une usine de dessalement de l’eau de mer et d’irrigation dans le sud de la région d’Agadir, chiffré à 309 millions d’euros. Une fois terminée, l’usine, financée conjointement par Abengoa et le fonds marocain InfraMaroc, disposera des capacités nécessaires pour produire 275 000 mètres cubes d’eau dessalée par jour, une production qui pourrait par la suite être portée à 450 000 mètres cubes par jour.

Au départ, l’usine servira deux clients : 150 000 mètres cubes par jour seront alloués à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), et 125 000 mètres cubes par jour au ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et du Développement rural, afin d’irriguer 13 600 hectares de terres.

En attendant la construction des infrastructures de distribution requises, l’usine devrait permettre, à l’horizon 2030, d’approvisionner plus de 2,3 millions d’habitants en eau potable, dont un cinquième vivent en zone rurale.

Selon les dispositions de l’accord, Abengoa assurera l’exploitation et la maintenance de l’usine durant 27 ans.

Des projets de traitement de l’eau alimentés par des énergies propres

Point important, le site énergivore sera intégralement alimenté par la centrale solaire Noor de Ouarzazate, située à 400 kilomètres à l’est d’Agadir, et dotée d’une capacité de 580 mégawatts (MW).

Les opérations de dessalement étant généralement extrêmement gourmandes en électricité, la décision d’alimenter le site d’Agadir par des énergies renouvelables aura d’importantes répercussions favorables, puisqu’elle permettra de ralentir les futures émissions du pays, mais aussi de limiter la croissance de ses importations de pétrole et de gaz. 

Il ne s’agit toutefois pas du premier projet de dessalement à énergie solaire mené dans un pays aride d’Afrique du Nord. Ce titre revient au projet Aquasolar, dont les opérations ont débuté en janvier dernier. Ce projet, chiffré à 4,45 millions de dirhams (399 000 euros) est alimenté par des technologies photovoltaïques (PV) et solaires pour une capacité de dessalement combinée de 120 000 mètres cubes par jour. L’usine a été financée par l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles du Maroc, et développée par les Universités Moulay Ismaïl et Hassan II, en partenariat avec les sociétés marocaine et espagnole LSA Industrie et Plataforma Solar de Almería, respectivement.

Les capacités de dessalement marocaines à la hausse

Les nouvelles installations viennent grossir les rangs des usines de dessalement du pays, de plus en plus nombreuses.

Parmi les projets les plus récents figurent deux nouvelles usines de dessalement de l’eau de mer par osmose inverse, qui sont entrées en activité en janvier à Boujdour, dans le sud du Maroc. Ces projets, menés dans le cadre de partenariats public-privé entre l’ONEE et Wetico, filiale de la société saoudienne Abunayyan Holding, permettent de produire 7 000 mètres cubes d’eau potable par jour.

Les projets de dessalement constituent depuis quelques années un axe central des politiques de développement durable menées par le gouvernement, face à l’épuisement des ressources en eau qui compromet la sécurité future de l’eau.

En effet, au cours des 30 dernières années, les ressources en eau du Maroc ont reculé de 15 à 30 %, d’après les chiffres de l’ONEE. Elles devraient enregistrer une nouvelle baisse de 10 à 15 % d’ici à 2020, conséquence d’une hausse de la demande et d’une raréfaction des ressources. En 1960, le volume des précipitations atteignait 3 500 mètres cubes par habitant et par an. Ce chiffre avait chuté à 1 000 mètres cubes en 2000, et devrait encore baisser pour atteindre 490 mètres cubes à l’horizon 2020.

Le traitement des eaux usées pour répondre aux besoins d’irrigation

Outre le dessalement, le gouvernement envisage d’autres outils pour accroître ses ressources en eau. Au mois de juillet, l’entreprise britannique Biwater a entrepris la construction d’une nouvelle usine de traitement des eaux usées à Laayoune, dans le sud du Maroc. Cette nouvelle installation traitera 40 % des eaux usées du sud du Maroc, et l’eau traitée sera utilisée pour irriguer les zones arides environnantes.

Le projet est mené dans le cadre de la Stratégie nationale de l’eau, un programme qui bénéficie d’une enveloppe de 2,3 milliards d’euros, et devrait, comme l’espère le gouvernement, mener à la création de 140 usines de traitement des eaux usées d’ici à 2020 et permettre d’améliorer les rendements d’eau à hauteur de 96 %.

 

 

Morocco developing desalination capacity to ensure water security

En Français

Morocco has inked a deal for the construction of the world’s biggest solar-powered seawater desalination plant, which should help mitigate the impact of the country’s shrinking water supply.

In late June Spanish multinational Abengoa signed on to build the first phase of a €309m water desalination and irrigation plant in the southern Agadir region. When finished, the plant – which is being jointly financed by Abengoa and Moroccan fund InfraMaroc – will have the capacity to produce 275,000 cu metres of desalinated seawater per day, with the potential for this to be increased to 450,000 cu metres per day.

The plant will initially serve two clients, with 150,000 cu metres per day allocated to the National Office of Electricity and Water Supply (Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable, ONEE) and 125,000 cu metres per day going to the Ministry of Agriculture, Sea Fisheries and Rural Development, to be used for irrigating 13,600 ha of land.

Pending construction of the necessary distribution infrastructure, the plant is expected to supply more than 2.3m people with drinking water by 2030, with a fifth of these living in rural areas.

Under the terms of the deal, Abengoa will operate and maintain the plant for 27 years.

Clean energy powering water projects

Crucially, the energy-intensive facility will be entirely powered by the 580-MW Noor solar complex in Ouarzazate, located 400 km east of Agadir.

Desalination traditionally demands a significant volume of electricity, which means that the move to provide renewable energy for the Agadir site will have a notable impact not only by slowing the country’s future emissions but also by limiting growth in its oil and gas imports. 

However, it is not the first solar-powered desalination project in the arid North African country. That title goes to the Aquasolar project, which started operations last January. The Dh4.45m (€399,000) project is powered by photovoltaic (PV) and solar technologies for a combined desalination capacity of 120,000 cu metres per day. The plant was financed by Morocco’s Research Institute for Solar Energy and New Energies, and developed by the Universities of Moulay Ismail and Hassan II, along with Moroccan firm LSA Industrie and Spain’s Plataforma Solar de Almería.

Desalination capacity in Morocco on the rise

The new plants are part of a growing number of desalination plants in the country.

Other recent developments include two new seawater reverse osmosis plants, which came on-line in January in Boujdour, southern Morocco. The projects – conducted as public-private partnerships between ONEE and Saudi firm Abunayyan Holding subsidiary Wetico – produces 7000 cu metres of drinking water per day.

The desalination projects have become central to the government’s sustainability policies in recent years, as the depletion of water resources jeopardises future water security.

In the last 30 years water supplies in Morocco have fallen by 15-30%, according to figures from ONEE. They are expected to drop even further by 10-15% in the run-up to 2020, due to rising demand and shorter supply. In 1960 rainfall amounted to 3500 cu metres per inhabitant per year. In 2000 that figure was down to 1000 cu metres and is now projected to decline to 490 cu metres by 2020.

Wastewater treatment to answer irrigation needs

In addition to desalination, the government is looking at other tools to enhance water supply. In July UK company Biwater began construction on a new wastewater treatment plant in Laayoune, southern Morocco. The new plant will process 40% of southern Morocco’s wastewater flow and treat the water for reuse for irrigation in the surrounding arid areas.

The project falls under the country’s National Water Strategy, a €2.3bn programme that the government hopes will result in 140 wastewater treatment plants by 2020 and improve water yields by up to 96%.

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