Le capital-investissement s’accélère en Côte d’Ivoire avec la création d'un nouveau fonds

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La proposition de création d’un nouveau fonds d'investissement privé dédié à la Côte d’Ivoire met en avant l’attractivité du pays pour les capital-investisseurs. 

Le groupe français Investisseurs & Partenaires (I&P), fonds de capital-investissement centré sur l’Afrique, a annoncé ce mois-ci son projet de lancer le fonds Comoé Capital d’ici la fin de l’année, avec pour objectif une première levée de 7 millions d’euros. 

I&P investit en Côte d’Ivoire depuis trois ans, possède un bureau à Abidjan depuis 2014 et détient des participations dans trois sociétés locales spécialisées dans la santé, l'équipement et les services aux entreprises. Néanmoins, le nouveau fonds sera le premier véhicule d’I&P à cibler exclusivement la Côte d’Ivoire, première puissance économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Comoé Capital investira spécifiquement dans des start-ups dont les besoins en financement n’excèdent pas 500 000 euros.

La nouvelle filiale est créée dans le cadre du projet I&P Développement 2 (IPDEV2). Lancé en octobre 2015, IPDEV2 a d'ores et déjà couvert un capital de 200 millions d’euros levé pour des fonds dédiés à des investissements au Niger, au Burkina Faso et au Sénégal.

La Côte d’Ivoire gagne des parts de marché dans le secteur du capital-investissement en Afrique de l’Ouest francophone

Le nouveau fonds contribuera à donner à la Côte d’Ivoire un poids croissant sur le marché du placement privé en Afrique de l’Ouest francophone. Entre 2014 et 2016, la Côte d’Ivoire a enregistré 48 % des transactions de capital-investissement conclues dans la région, soit 79 % de la valeur totale. Cela représente une progression significative par rapport à la période 2011-13, où la part des transactions de capital-investissement du pays et leur valeur s'établissaient à 40 % et 54 %, respectivement, d'après l’African PE and Venture Capital Association (AVCA).   

Le nombre de fonds de capital-investissement possédant des bureaux en Côte d’Ivoire souligne à quel point le profil du pays a progressé au fil des années depuis la fin de la guerre civile. Entre 2008 et juin 2017, le nombre de sociétés présentes dans le pays est passé de 2 à 15. On retrouve aujourd’hui parmi elles le groupe tunisien AfricInvest, le Français Amethis Finance, le Mauricien Adenia Partners, le Sud-Africain AFIG Funds et l’Américain Emerging Capital Partners (ECP).

Fin mars, les fonds d’investissement privé basés en Côte d’Ivoire ont fondé l’Association ivoirienne des investisseurs en capital, première organisation professionnelle nationale du secteur, dans le but de promouvoir le marché national du capital-investissement, et plus globalement le secteur privé. L'organisation, présidée par Michel Abrogoua, fondateur du groupe Phoenix Capital Management en Côte d’Ivoire, estime que les sociétés d'investissement privé détiennent des placements chiffrés à quelque 184 milliards de francs CFA (280 millions d’euros) dans plus de 40 sociétés privées dans le pays.  

La Bourse régionale offre des voies de sortie

Si le processus de sortie des investissements reste l'une des principales difficultés auxquelles les fonds de capital-investissement sont confrontés en Afrique, celui-ci est toutefois moins fastidieux en Côte d’Ivoire. D'après l’AVCA, entre 2011 et le premier semestre 2016, 14 % des sorties de placement enregistrées en Afrique de l’Ouest ont été effectuées en Côte d’Ivoire, qui se positionne ainsi au troisième rang derrière le Nigeria (42 %) et le Ghana (17 %) .

L'an dernier par exemple, le fonds de capital-investissement Cauris Management a cédé ses participations dans Atlantic Business International et Bridge Bank Group Côte d’Ivoire, avec des retours sur investissement 1,7 et 3,1 fois supérieurs aux capitaux investis, respectivement.  

La possibilité pour les fonds d’effectuer des sorties de capital est en grande partie favorisée par la croissance régulière de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan, qui a vu le nombre de parts cédées multiplié par six depuis 2011.

Elle offre une voie attractive pour les sorties de capital potentielles. Lors d'un entretien avec OBG, Edoh Kossi Aménounvé, directeur général de la BRVM, a souligné le potentiel de la région en matière de capital-investissement.

« La transition entre un marché financé par les banques et un marché financé par les capitaux passe nécessairement par le capital-investissement, a-t-il indiqué. Au cours des 30 prochaines années, le capital-investissement jouera un rôle déterminant dans le financement, le développement et le soutien du secteur privé en Afrique de l’Ouest. C’est une bonne nouvelle pour la Bourse en tant que voie de sortie. »

Les investisseurs sont également encouragés par l’ancrage du franc CFA ouest-africain à l’euro (655,67 CFA : 1 €), d'après Vincent Le Guennou, co-PDG et directeur général d’ECP.  

« La zone UEMOA affiche le taux d'intégration le plus élevé du continent en termes de devise et de réglementations, ce qui la rend particulièrement attractive aux yeux des investisseurs », a-t-il confié à OBG.

Renforcer les prises de participation des petits acteurs

Si les institutions de financement du développement sont en règle générale des investisseurs clés dans les fonds de capital-investissement de la région, certaines entreprises et fonds de gestion des fortunes privées (« family offices ») voient un intérêt croissant à la prise de participation dans les petites et moyennes entreprises (PME), selon Laureen Kouassi-Olsson, directrice régionale d’Amethis West Africa.

« Le potentiel des family offices est particulièrement fort en Afrique de l’Ouest, a-t-elle précisé à OBG. Les Africains fortunés sont de plus en plus enclins à soutenir les PME et entrepreneurs locaux, ce qui offre aux entreprises familiales la possibilité de contribuer à la structuration du secteur et de se positionner comme le chaînon manquant entre les banques et les fonds d’investissement ».

La multiplication du nombre et des types de fonds en Côte d’Ivoire pourrait par ailleurs participer à la diversification des transactions conclues dans le pays. D'après les chiffres de l’AVCA, les investissements dans le secteur des biens de consommation ont représenté quelque 24 % des transactions de capital-investissement entre 2011 et 2016, devant le secteur industriel (20 %), la santé (12 %) et les services financiers (12 %) .

 

 

Private equity gains momentum in Côte d’Ivoire with launch of new fund

En Français

A proposed new Côte d’Ivoire-focused private equity (PE) fund highlights the country’s continued appeal for PE investors

France’s Investisseurs & Partenaires (I&P), an Africa-focused PE firm, announced plans this month to launch the Comoe Capital fund by the end of the year, seeking to achieve a first close of €7m. 

I&P has been investing in Côte d’Ivoire for three years, has had an office in Abidjan since 2014 and holds stakes in three local health, equipment and business-to-business services companies, but the new fund will be the first of I&Ps vehicles to focus exclusively on Côte d’Ivoire – the largest economy in the UEMOA.

Comoe Capital will focus on businesses in the start-up phase with project financing needs of up to €500,000.

The new subsidiary is being conceived under the aegis of the firm’s I&P Développement 2 (IPDEV2) project. Launched in October 2015, IPDEV2 has already overseen €200m in capital raised for funds focused on investments in Niger, Burkina Faso and Senegal.

Côte d’Ivoire gaining PE market share in francophone West Africa

The new fund will contribute to Côte d’Ivoire’s growing share of francophone West Africa’s PE activity. Between 2014 and 2016 Côte d’Ivoire hosted 48% of PE deals in the region, accounting for 79% of the total value. This was a significant increase on the 2011-13 period, when the country’s share of PE deals and their value, stood at 40% and 54%, respectively, according to the African PE and Venture Capital Association (AVCA).   

The volume of PE firms with offices in Côte d’Ivoire highlights how its profile has grown in the years since the civil war came to an end. By mid-2017 there were 15 private equity funds operating in the country – ranging from Tunisia’s AfricInvest and France’s Amethis Finance, to South Africa’s AFIG Funds, Mauritius' Adenia Partners and US-based Emerging Capital Partners (ECP) – up from only two in 2008.

In late March PE funds based in Côte d’Ivoire formed the country’s first domestic professional organisation for the sector – the Ivorian Association of Capital Investors – with the aim of promoting the country’s PE market and private sector more generally. The organisation, whose president is Michel Abrogoua, founder of Phoenix Capital Management in Côte d’Ivoire, estimates that PE companies hold investments of around CFA184bn (€280m) in more than 40 private firms in the country.  

Regional stock exchange offers avenue for exits

One of the biggest hurdles PE funds traditionally face in Africa is exiting an investment, but this has proven less burdensome in Côte d’Ivoire. Between 2011 and the first half of 2016, 14% of West Africa’s PE exits occurred in Côte d’Ivoire, ranking the country third after Nigeria (42%) and Ghana (17%) , according to the AVCA.

Over the past year, for example, PE firm Cauris Management exited from Atlantic Business International and Bridge Bank Group Côte d’Ivoire, with returns of 1.7 and 3.1 times the company’s original investments, respectively.  

The ability of funds to exit investments is supported in large part by the steady growth of the Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), the regional stock market located in Abidjan, which has seen the number of shares traded grow six-fold since 2011.

This offers an attractive route for potential PE exits. Speaking to OBG, Edoh Kossi Aménounvé, managing director of the BRVM, underscored the region’s PE potential.

“The transition from a market financed by banks to one financed by capital necessarily goes through private equity,” he said. “In the next 30 years, private equity will play a huge role in financing, developing and supporting the private sector in West Africa. It is good news for the stock exchange as exit route.”

Investors are also encouraged by the West African CFA franc’s currency peg to the euro at a rate of CFA655.67:€1, according to Vincent Le Guennou, co-CEO and managing director of ECP.  

“The UEMOA zone has the highest level of integration on the continent in terms of currency and regulations, which makes it very attractive to investors,” he told OBG.

Boosting PE participation among smaller players

While development finance institutions have traditionally been cornerstone investors in the region’s private equity funds, there is now an increasing interest from enterprises and family offices to support small and medium-sized enterprises, according to Laureen Kouassi-Olsson, regional director for Amethis West Africa.

“The potential for family offices is strong in West Africa,” she told OBG. “Wealthy Africans are increasingly keen on supporting local SMEs and entrepreneurs, giving family companies the opportunity to further structure the sector and address a missing link between the banks and investment funds,” she said.

Expanding the number and type of funds in Côte d’Ivoire could also help diversify the deals made in the country. As per AVCA figures, investments in consumer staples represented about 24% of the PE deals between 2011 and 2016, followed by the industrial sector (20%), health care (12%) and financial services (12%).

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