Gabon : Dynamiser la production industrielle

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Avec une stratégie de développement économique qui repose essentiellement sur une diversification industrielle grande consommatrice d’électricité, le secteur de l’électricité gabonais, qui connaît déjà des difficultés avec la charge existante, devra accroître grandement sa production (qui selon les estimations, s’établit entre 374 MW et 414 MW) s’il veut soutenir cette croissance.

Lors d’une récente entrevue accordée à la presse locale, l’ancien ministre de l’Energie et des Ressources hydrauliques, Régis Immongault, maintenant ministre de l’industrie et des mines, a déclaré que le ministère comptait accroître la production d’électricité pour atteindre la barre des 1 200 MW en 2020. De plus, le gouvernement vise à renforcer le rôle de l’énergie hydroélectrique et des ressources énergétiques renouvelables dans la production d’électricité.

Avec une augmentation de la demande en électricité de l’ordre de 15 MW par an, soit une hausse pratiquement deux fois supérieure aux estimations de la Société financière internationale (cette dernière ayant en effet prévu une croissance de 2% ou 3%), les prestataires de services se retrouvent confrontés à divers problèmes. Le Gabon doit incontestablement améliorer la production et la distribution d’électricité, et ce, d’autant plus que le pays encourage la croissance des secteurs secondaires à valeur ajoutée comme les filières minières et forestières. De tels secteurs favorisent certes les exportations et l’emploi, mais sont de grands consommateurs d’électricité.

Si le pays veut satisfaire la consommation croissante de ses clients industriels, il doit se doter d’un réseau de distribution fiable. Le gouvernement a déjà jeté les bases qui permettront la mise en œuvre d’un réseau interconnecté et a commencé à installer des lignes haute tension et des transformateurs supplémentaires afin de garantir un meilleur approvisionnement dans les régions rurales et les petites agglomérations.

Le Gabon doit également relever un autre défi de taille : assurer une production suffisante. Toutefois, le pays dispose des moyens pour accroître la production. Par exemple, le secteur hydroélectrique répond à un peu plus de la moitié de la demande nationale actuelle et selon les estimations, il pourrait produire au total 6 000 MW s’il était entièrement développé. Une cinquantaine de sites ont été identifiés comme offrant des possibilités de production d’électricité à des fins commerciales.

Dans ce contexte, le Ministère du Pétrole, de l’Énergie et des Ressources Hydrauliques a déjà lancé divers grands projets d’électrification et de production d’énergie. Parmi les plus vastes projets présentant un intérêt pour la production industrielle figure le barrage du Grand Poubara, qui devrait produire 160 MW au cours d’une première phase du projet et jusqu'à 240 MW durant une deuxième phase. Selon le ministère, la déviation du fleuve Ogooué et la construction d’un tunnel d’alimentation sont achevées et la construction de la centrale électrique est en cours. La construction du barrage a débuté en 2008 et devrait s’achever d’ici 2013.

Le gouvernement cherche à encourager également la participation du secteur privé dans le but de réduire les dépenses publiques et d’accroître la production en électricité. En 2010, le ministère a conclu un partenariat public-privé d’un montant de 124 milliards de francs CFA (189 millions d’euros) avec la Compagnie de développement des énergies renouvelables (CODER) pour la construction de deux nouveaux barrages hydroélectriques.

Le barrage de la Ngounié, «Impératrice», dont le coût est estimé à 70 milliards de francs CFA (106.8 millions d’euros) devrait dégager une puissance d’au moins 42 MW. Il s’agit d’un projet destiné à fournir de l’électricité aux régions minières de Mabounié et de Ndjolé et aux industries de transformation de bois situées dans la province du Moyen-Ogooué. Il devra également alimenter les villes de Mouila et Mandji dans la Ngounié, ainsi que Libreville et la zone économique spéciale de Nkok (ZES), un des plus vastes projets de développement industriel du Gabon.

La construction du barrage de l’Okano, le deuxième barrage hydroélectrique du pays, a également débuté. Baptisé «FE 2», le barrage, dont le coût atteint les 55 milliards de francs CFA (83.8 millions d’euros), devrait produire au moins 36 MW et servir la région industrielle et minière de Ndjolé, ainsi que la province du Woleu Ntem, dans le nord du pays, et Libreville. La construction des deux barrages devrait s’achever d’ici à 2013. La construction d'une centrale à gaz à Alenakiri, au nord-est de Libreville, tire à sa fin. Le projet a été confié à l'entreprise israélienne Telemenia et doit produire à terme 70 MW. La moitié de la production servira à répondre aux besoins de la ZES de Nkok et le reste à ceux de Libreville.

En outre, Régis Immongault a indiqué que le ministère avait investi 100 milliards de francs CFA (152 millions d’euros) dans le secteur de l’électricité en 2011 – une grande partie de cette enveloppe a bénéficié au développement des énergies renouvelables. Le ministère prévoit d’investir au total 2.29 milliards d’euros de 2010 à 2020, et cherche à attirer les investisseurs du secteur privé afin d’accélérer les progrès vers le développement de solutions d’énergie propres.

Bien que le gouvernement vise à encourager les nouvelles activités industrielles à valeur ajoutée à travers le pays, c’est la ZES de Nkok, un partenariat entre la République gabonaise et le groupe Olam basé à Singapour, qui compte parmi les bénéficiaires les plus directs de l’amélioration du réseau énergétique.

La première phase de la ZES, qui se concentre sur les activités de transformation de marchandises, dont la transformation du bois, de la ferraille et du papier, a été inaugurée en septembre 2011 et occupait une superficie totale de 393 hectares. Gagan Gupta, le directeur général d’Olam Gabon, a déclaré à la presse locale que 45 entreprises se sont déjà installées ou s’installent actuellement dans la zone et que celle-ci devrait être en mesure d’accueillir 150 entreprises une fois les travaux de construction achevés.

Selon M. Gupta, les besoins en électricité de la ZES de Nkok atteindraient les 220 MW d’électricité (ces besoins dépassent la demande de pointe actuelle de la ville voisine de Libreville) et sont supérieurs à l’approvisionnement actuel de la zone. Alors que la ZES bénéficiera de projets gouvernementaux qui visent à augmenter la production d’électricité générale, une usine avec une capacité de production de 15 MW sera construite sur place et utilisera les déchets de bois comme matières premières.

 

Gabon: Energising industrial production

En Français

With power-hungry industrial diversification the byword for Gabon’s economic development strategy, the republic’s electrical sector, which is already grappling with its existing load, will need to increase generation output well above current levels, of which estimates vary from 374 MW to 414 MW, to sustain this expansion.

In a recent interview in the local media, the former minister of energy and hydraulic resources, Régis Immongault, who is now the minister of industry and mining, indicated that the ministry hopes to increase electricity production to 1200 MW by 2020. The state’s goal is to increase the role of hydroelectric power and renewable energy resources in electricity production.

With demand growing by up to 15 MW a year – a rate which has virtually doubled earlier forecasts of 2% or 3% growth by the International Finance Corporation, causing a variety of complications for utility providers – there is certainly a need for improved generation and transmission, particularly as the country increases production in value-added secondary sectors, such as timber and mining processing. Such sectors, while increasing export values and creating jobs, are nonetheless voracious energy consumers.

Part of the challenge in meeting the increased demand from industrial customers will be in ensuring an effective transmission network. The Gabonese government has already begun laying the groundwork for an interconnected grid and has begun laying additional high-tension lines and transformers to ensure greater supply to rural areas and smaller towns.

A bigger challenge comes with ensuring adequate generation. However, Gabon’s scope for increased output is sizeable. In the hydroelectric sector, for example, which already supplies just over half of the country’s current demand, there is an estimated potential for a total production of 6000 MW if it were to be fully developed. Some 50 sites have been identified as offering scope for commercially feasible generation.

In line with this, several major electrification and energy generation projects are already under way, spearheaded by the Ministry of Petroleum, Energy and Hydraulic Resources. Amongst the largest projects relevant to industrial areas include the Grand Poubara Dam, which is expected to generate 160 MW of electricity over the first phase of the project. A second phase offers the potential to increase capacity up to an additional 240 MW. According to the ministry, the redirection of the Ogooué River and the construction of the feed tunnel are complete, and work on the power plant is under way. Construction on the dam began in 2008 and is slated to wrap up by 2013.

The government has sought to increase room for the private sector to participate as well, in a bid to reduce public expenditures and improve efficiency. In 2010, the Ministry of Energy signed a CFA124bn (€189m) public-private partnership with the Renewable Energy Development Company (Compagnie de Développement des Énergies Renouvelables, CODER) for the construction of two additional hydroelectric dams.

The “Impératrice” Dam on the Ngounié River is expected to produce at least 42 MW, for a total investment of CFA70bn (€106.8m). The power it generates will serve the mining regions of Mabounié and Ndjolé, timber transformation operations in the Moyen-Ogooué province, the cities of Mouila and Mandji in the Ngounié province, as well as Libreville and the Nkok Special Economic Zone (Zone Économique Spéciale de Nkok, ZES), one of Gabon’s largest industrial development projects.

Construction has already begun on the second hydroelectric dam, this one on the Okano River. Called “FE 2,” the dam is expected to generate a minimum of 36 MW for a total project cost of CFA55bn (€83.8m). Energy from the FE 2 will serve the industrial and mining zone of Ndjolé, as well as the northern Woleu Ntem province and Libreville. Both dams are expected to be complete in 2013.

Finally, a gas-fuelled power plant is in the final stages of construction in Alenakiri, northeast of Libreville. Developed by the Israeli firm Telemenia, half of the plant’s 70-MW output will go toward supplying the Nkok ZES, with the remainder going to Libreville.

Immongault also stated that the Ministry of Energy’s investment in power reached CFA100bn (€152m) in 2011, much of which was directed toward the development of renewable energy sources. The ministry plans a total investment of €2.29bn from 2010 to 2020 and is seeking private sector investment to accelerate progress in developing clean energy solutions.

While the government has sought to encourage new value-added industrial activities throughout the country, one of the more immediate beneficiaries of the improved energy grid will be the Nkok ZES, a joint venture with the Singaporean commodities firm Olam.

The first phase of the ZES – which targets commodity transformation activities, including timber products, scrap metal and paper – was inaugurated in September 2011 covering 393 ha. Gagan Gupta, the director-general of Olam Gabon, reported in the local press that 45 businesses have or are currently setting up operations in the Nkok ZES, and when completed, it should be able to accommodate 150 businesses.

Gupta estimated that operations in the ZES will require 220 MW of electricity – more than the current peak demand of the entire city of nearby Libreville – and which surpasses the area’s current supply. While the zone will benefit from the state-led projects to boost overall generation capacity, to complement these projects, a 15-MW power plant is planned within the ZES itself, which will use biomass from timber processing as its input.

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