Djibouti veut améliorer l’inclusion financière

In English

L’ouverture de la banque Silk Road International Bank (SIB) à Djibouti constitue le premier investissement d’une banque universelle chinoise en Afrique, s’inscrivant dans le cadre de la stratégie poursuivie actuellement par le géant asiatique qui entend renforcer ses liens avec les marchés est-africains.

Selon les chiffres publiés par la Banque Centrale de Djibouti (BCD), la SIB – joint-venture entre le groupe chinois IZP, l’Etat de Djibouti et la société Silk Road E-Merchants – dispose d’un capital de départ de 1,42 milliard de francs Djibouti (7,9 millions d’euros).

Si des établissements chinois détiennent des participations élevées dans d’autres banques en Afrique, telle que la banque sud-africaine Standard Bank, la SIB est la première banque chinoise à se voir accorder une autorisation de création en Afrique.

La nouvelle banque, qui a démarré ses activités au mois de janvier, est la 13ème banque commerciale présente à Djibouti et la première banque constituée sous forme de joint-venture dans le pays.

Contexte plus large

Les dirigeants de la banque ont déclaré que l’établissement – qui exercera principalement des activités de crédit et d’opérations bancaires auprès de clientèles individuelles- comptait renforcer sa présence à Djibouti par le bais de  l’introduction de terminaux de paiement électroniques et de cartes bancaires, proposant également des services de paiement transfrontalier et de cartes bancaires internationales.

Il convient cependant de souligner le fait que la banque s’inscrit dans la stratégie chinoise d’amélioration des relations commerciales et d’investissement avec la région. Luo Feng, vice-président du conseil d’administration de la SIB, a déclaré dans les médias que les objectifs de la banque étaient notamment de faciliter l’initiative du gouvernement chinois « Une ceinture, une route » (OBOR), qui bénéficie d’une enveloppe de 62 milliards de dollars, et d’aider Djibouti à se positionner en tant que hub financier d’Afrique de l’Est.

Le projet OBOR, lancé en 2013, se propose de créer une nouvelle Route de la Soie en développant des routes et des liaisons commerciales reliant la Chine à plus de 60 pays en Asie, au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique. Ces dernières années, Djibouti a bénéficié d’importants prêts et financements concessionnels en provenance de Chine, des investissements et emprunts destinés à des projets variés, allant des équipements ferroviaires aux installations portuaires.

Croissance bancaire

L’arrivée de la SIB intervient alors que Djibouti poursuit sa stratégie d’expansion du secteur bancaire entamée il y a une dizaine d’années.

Selon des données publiées par la Banque Mondiale, le nombre de distributeurs automatiques de billets (DAB) était de 8,9 pour 100 000 adultes en 2015 à Djibouti, contre 0,9 en 2004, non loin du Kenya, qui a vu son nombre de DAB passer de 2,5 à 10,2 pour 100 000 habitants au cours de la même période. Le nombre de banques commerciales implantées à Djibouti a également enregistré une hausse, passant de 2 en 2006 à 11 aujourd’hui.

Le taux de pénétration des services bancaires reste toutefois faible à Djibouti, s’élevant à seulement 20% de la population adulte en 2015, selon la BCD. Si le taux de pénétration a augmenté de 15 points de pourcentage depuis 2007, il reste bien en deçà du taux enregistré par le Kenya, où désormais 75% de la population est bancarisée, selon des données de la Banque Mondiale.

D’après le FMI, le nombre d’agences bancaires commerciales pour 100 000 adultes était en 2015 de 6,4 à Djibouti et 5,6 au Kenya. Cependant, à Djibouti, seuls 92,1 adultes sur 1000 sont titulaires d’un compte de prêt dans une banque commerciale, alors que ce taux est de 231,1 au Kenya. Des estimations effectuées par l’East Africa Bank montrent également que seuls 5% environ des Djiboutiens possédaient une carte bancaire fin 2015.

Un éventail d’obstacles

Les dirigeants espèrent toutefois que davantage d’organismes de microfinance et de banques islamiques, ainsi que des mesures de soutien visant expressément les petites et moyennes entreprises (PME), contribueront à améliorer l’inclusion.

Dans un rapport publié en novembre 2015, le FMI relevait que les obstacles auxquels était confronté Djibouti dans sa volonté d’améliorer l’inclusion financière, tels que les difficultés d’accès aux services financiers, les barrières à l’approfondissement financier et les problèmes d’intermédiation, étaient les mêmes que ceux que rencontraient de nombreux autres pays en voie de développement.

Toujours selon le FMI, les coûts administratifs restent élevés pour les clients cherchant à ouvrir, fermer ou gérer des comptes. Les prêts sont également assortis d’une garantie dont la valeur atteint 228% du montant du prêt, alors que cette dernière est de 190% au Moyen-Orient et de 179% en Afrique sub-saharienne, ajoute le rapport. Parmi les autres obstacles mis en avant par le bailleur de fonds international, on peut citer les formalités, les obligations de garantie et celles relatives au dépôt de fonds et au salaire.

A la recherche de solutions

Les responsables des institutions bancaires s’efforcent de venir à bout de plusieurs de ces obstacles. En 2016, Djibouti a lancé un Système de Contrôle des Crédits Unifié en coopération avec la BCD et la Banque Mondiale, afin de doter les acteurs du secteur des outils nécessaires à une évaluation précise du risque et à un partage des données clés leur permettant de prendre des décisions en matière de prêt.

En outre, un projet de loi portant création d’un fonds de garantie pour les PME, doté de 300 millions de francs Djibouti (1,7 million d’euros), est actuellement en cours de préparation.

« Si [le taux de bancarisation] est  faible, surtout du fait de la persistance d’une culture de l’argent liquide, des efforts ont été déployés afin de faciliter l’accès aux services bancaires, » a expliqué Jean-Pierre Gianotti, Président de l’Association des Banquiers de Djibouti, lors d’un entretien accordé à OBG en 2016.

Il s’est déclaré confiant dans le fait que les progrès effectués en matière de banque mobile, la hausse du nombre de DAB et de terminaux de paiement ainsi que l’obligation pour les fonctionnaires de recevoir leurs salaires sur un compte en banque ne manqueraient pas de faire grimper le taux de pénétration des services bancaires.

 

 

Djibouti moves to increase financial inclusion

En Français

The opening of Silk Road International Bank (SIB) in Djibouti marks the first greenfield expansion of a Chinese-owned universal bank in Africa, part of a broader push by the Asian giant to strengthen ties with East African markets.

According to figures from the Central Bank of Djibouti (Banque Centrale de Djibouti, BCD), SIB – which is owned by China’s IZP Group, the Djiboutian state and Silk Road E-Merchants – has a start-up capital of DJF1.42bn ($7.9m).

Although Chinese institutions hold large ownership stakes in other banks in Africa, such as South Africa’s Standard Bank, SIB is the first Chinese-funded lender to be granted a greenfield licence in Africa.

The new lender, which began operations in January, is the 13th commercial bank to open in Djibouti and the country’s first joint venture bank.

Bigger picture

Bank executives said the lender – which will focus primarily on retail lending and transactions – planned to increase penetration in Djibouti through the introduction of point-of-service (POS) machines and bank cards, while also providing cross-border payment and international bank card capabilities.

Perhaps more pertinently, the bank forms a part of China’s efforts to improve trade and investment ties with the broader region. Luo Feng, SIB’s deputy board chairman, told media that the bank’s targets included facilitating the Chinese government’s $62bn One Belt, One Road (OBOR) initiative and supporting Djibouti’s bid to become East Africa’s financial hub.

The OBOR project was launched in 2013, with the aim of creating a new Silk Road by developing trade routes and links connecting China to over 60 countries in Asia, the Middle East, Europe and Africa. In recent years, Djibouti has been a recipient of extensive Chinese concessionary lending and financing, benefitting from investment and loans for everything from railways to ports.

Banking growth

The entry of SIB comes as Djibouti continues what has been a decade-long push to expand its banking sector.

Data published by the World Bank put the number of automated teller machines (ATMs) per 100,000 adults in Djibouti at 8.9 in 2015, up from 0.9 in 2004, and not far behind Kenya, where the figure rose to 10.2 from 2.5 over the same period. The number of commercial lenders operating in Djibouti today has also increased, rising from two in 2006 to 11 today.

However, penetration of banking services in Djibouti remains modest, standing at just 20% of the country’s adult population in 2015, according to the BCD. While the penetration rate has risen 15 percentage points since 2007, it remains well below Kenya, where data from the World Bank indicates that over 75% of the population is now banked.

According to the IMF, the number of commercial bank branches per 100,000 adults across Djibouti and Kenya stood at 6.4 and 5.6, respectively in 2015. However, loan accounts per 1000 adults held with commercial banks totalled just 92.1 in Djibouti, while in Kenya the ratio was 231.1. Estimates made by the East Africa Bank also show that only around 5% of Djibouti’s population held a bank card at the end of 2015.

Wide-ranging challenges

Officials, however, hope that an increase in microfinance and Islamic lenders, as well as targeted assistance for small and medium-sized enterprises (SMEs) will help to boost inclusion.

Commenting in a report issued in July, the IMF  noted that the challenges Djibouti faced when it came to boosting financial inclusion, such as difficulties in obtaining access, barriers to financial depth and problems with intermediation, were not uncommon in developing nations.

The IMF said administrative costs remained high for customers looking to open, close and maintain accounts. Would-be borrowers were also obliged to provide 228% of the loan application amount as collateral, compared to 190% in the Middle East and 179% in sub-Saharan Africa, it added. Other obstacles highlighted by the international lender included bureaucracy, deposit requisites and guarantees, and salary requirements.

Seeking solutions

Banking officials are working to address several of the challenges. In 2016,  Djibouti launched a Unified Credit System, in cooperation with the BCD and the World Bank, to provide industry players with the tools to carry out accurate risk assessments and share key data for making lending decisions.

Additionally, legislation is in the pipeline that will create a DJF300m ($1.7m) government-backed guarantee fund for SMEs.

“Although [banking penetration] is low, mainly due to the persistence of a cash culture, efforts have been undertaken to allow people easier access to banking services,” Jean-Pierre Gianotti, head of the Bankers Association of Djibouti, told OBG in an interview in 2016.

He voiced his confidence that progress in mobile banking, an increase in the number of ATMs and payment terminals, and a payment plan making it obligatory for government employees to receive their salary into a bank account would combine to boost banking penetration levels.

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