Djibouti entend renforcer sa connectivité numérique

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La signature au mois de janvier d’un contrat portant sur le raccordement de Djibouti au nouveau système sous-marin de fibre optique qui traversera l’Océan Indien, baptisé Australia West Express Cable (AWC), constitue une étape supplémentaire dans la stratégie du pays qui cherche à renforcer son positionnement en tant que porte d’entrée des télécommunications en Afrique de l’Est.

Le 19 janvier dernier, Djibouti a signé un mémorandum d’entente avec GoTo Networks, l’entreprise américaine chargée de la construction et de l’exploitation de l’AWC. Les détails du contrat n’ont pas encore  été communiqués.

D’une longueur de 10 100 km, le câble, qui reliera Djibouti à Perth, devrait entrer en service au premier trimestre de 2018 et disposer d’une capacité de 10 Tbps. L’AWC offrira des débits de plus de 2 Mbps.

Acteur régional clé

Djibouti dispose à l’heure actuelle du plus grand nombre de connexions internationales en Afrique de l’Est, étant raccordé à huit câbles qui relient le pays à l’Europe, à l’Afrique de l’Est, au Moyen-Orient, à la Méditerranée Orientale et à l’Asie du Sud.

Parmi les connexions internationales longue-distance s’arrêtant à Djibouti, on peut citer le câble Gulf Bridge International, qui relie entre eux les pays bordant le golfe persique, ainsi que l’Europe, l’Afrique et l’Asie ; Europe Indian Gateway (EIG), qui relie plusieurs hubs européens à la Libye, à l’Egypte, à l’Arabie Saoudite, à Djibouti, à Oman, aux Emirats Arabes Unis et à l’Inde ; SEA-ME-WE 3, le plus long câble du monde, qui relie l’Asie du Sud-Est, le Moyen Orient et l’Europe Occidentale ; AAEE-1, qui s’étend de l’Asie du Sud-Est à l’Europe ; et SEA-ME-WE 5, auquel sont raccordés 17 pays par le biais de points de présence entre Singapour et la France.

Citons également des réseaux plus locaux, tels que SEACOM, le premier système africain de câble sous-marin haut-débit, déployé le long des côtes sud et est ; EASSy, qui relie l’Afrique du Sud au Soudan avec des stations d’atterrissement au Mozambique, à Madagascar, aux Comores, en Tanzanie, au Kenya, en Somalie et à Djibouti ; et le câble régional Aden-Djibouti.

Le débit internet de Djibouti était de 850 Mbps lors des dernières mesures effectuées en 2011, selon la Banque Mondiale, un chiffre bien au-dessus de ce qu’on peut observer dans les pays voisins.

De la même manière que Djibouti constitue une porte d’entrée pour les marchandises entrant en Ethiopie – le pays, qui compte 95 millions d’habitants, voit plus de 90% de son commerce extérieur transiter par Djibouti – il est devenu un intermédiaire clé de la transmission de données pour son grand voisin. Djibouti compte actuellement 20 opérateurs régionaux qui utilisent des nœuds IP dans le pays.

Djibouti espère renforcer son positionnement de plateforme numérique en développant ses infrastructures numériques nationales par le biais d’initiatives tel que le Djibouti Data Centre (Centre de Données de Djibouti, DDC). Le DDC, fondé en 2013 et détenu en grande majorité par le groupe public Djibouti Telecom, a accès à tous les grands systèmes internationaux de fibre optique reliant l’Europe, le Moyen-Orient et la région Asie-Pacifique à l’Afrique, soit SEA-ME-WE 3, EIG, ESSAy, AAEE-1, SEA-ME-WE 5 et Aden-Djibouti, ainsi que le grossiste WIOCC.

La fonction de ce centre est de centraliser en un endroit unique les données numériques entrantes à des fins de retransmission vers l’Afrique, l’Asie et l’Europe en fournissant un accès direct à la fibre, une interconnexion et une co-implantion dans une station d’atterrissement partagée.

En décembre dernier, le DDC a signé un accord avec China Telecom Global (CTG), la branche internationale du groupe China Telecom, pour appuyer ses projets de développement de réseau, de co-implantation et de services d’accès aux câbles sous-marins de fibre optique en Afrique de l’Est. L’accord prévoit la mise en place par CTG d’installations d’interconnexion et de co-implantation à côté des stations d’atterrissement des câbles de Djibouti Telecom.

Accroître la consommation de données

L’amélioration des infrastructures de télécommunication et des connexions ne manquera pas d’entrainer une hausse de la consommation de données dans la région. L’augmentation du nombre d’utilisateurs de smartphones et de la consommation de services de données est déjà visible dans la Corne de l’Afrique, où la consommation est passée de 100 Gbps en 2009 à 900 Gbps en 2015.

« Notre stratégie se décline sur trois niveaux – international, régional et national, » a expliqué le Directeur-Général de Djibouti Telecom, Mohamed Assoweh Bouh, à OBG l’an dernier. « Au niveau international, notre objectif est de devenir un hub pour les données – la porte d’entrée vers le reste de l’Afrique. »

Il a ajouté qu’à l’échelle régionale l’accent était mis sur la centralisation de toutes les données entrantes via le câble Djibouti-Africa Regional Express (DARE), un projet qui reliera Djibouti à la Tanzanie, au Kenya, au Yémen, à l’Ethiopie et à la Somalie et s’étendra sur 5500 km.

Sept grands opérateurs télécoms en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique de l’Est participent au projet DARE, qui a vu le jour en mai dernier : Djibouti Telecom, Africa Marine Express, TeleYemen, Teleson Company, Hormuud Telecom Somalia, Golis Telecom et Somtel Group.

Le système, dont la livraison est prévue en mai 2018, disposera d’une capacité de plus de 60 Tbps.

Elargir l’accès à internet, une priorité

Si le pays a conquis une part non négligeable du marché régional des données, l’activité numérique reste relativement faible sur le territoire djiboutien. Le développement des télécommunications, des ressources humaines et de la culture et des compétences numériques figure par conséquent toujours parmi les préoccupations premières, selon M. Bouh.

Si l’accès à internet a connu ces dernières années des améliorations, les chiffres montrent que seuls 10% des habitants disposaient d’un accès régulier aux services en ligne en 2015, contre 7% en 2011. A la fin du dernier trimestre de 2015, le nombre d’abonnés à internet était à Djibouti de 33 000 sur une population de 850 000 habitants, dont 24 000 abonnés connectés par le biais de lignes fixes ADSL.

Afin de doper ces chiffres, le gouvernement cherche à élargir l’accès aux différents produits, à accroître le rôle des télécommunications et de l’informatique dans le développement national et à améliorer les infrastructures du secteur sur l’ensemble du pays, a déclaré M. Bouh.

 

 

Djibouti moves to boost digital connectivity

En Français

A drive to enhance Djibouti’s stature as a telecoms gateway for East Africa took a step forward in January when the country signed a deal to connect to the Australia West Express Cable (AWC), a new submarine fibre-optic system set to span the Indian Ocean.

Djibouti signed a memorandum of understanding to invest in the cable project on January 19 with GoTo Networks, the US-based firm that is building the AWC and will operate it. Details of the deal have not yet been released.

The 10,100-km cable will stretch from Djibouti to Perth and is expected to begin operating in the first quarter of 2018 with a capacity of 10 Tbps. The AWC will provide access rates of more than 2 Mbps.

Key regional player

Djibouti currently has the highest number of international gateway connections in East Africa, with links to Europe, East Africa, the Middle East, the Eastern Mediterranean and South Asia via eight cables.

Long-distance, inter-regional connections with stops in Djibouti include Gulf Bridge International, which links the countries bordering the Gulf to each other, as well as Europe, Africa and Asia; Europe India Gateway (EIG), which connects a number of European hubs with Libya, Egypt, Saudi Arabia, Djibouti, Oman, the UAE and India; SEA-ME-WE 3, the world’s longest cable, which links South-east Asia, the Middle East and Western Europe; AAEE-1, which extends from South-east Asia to Europe; and SEA-ME-WE 5, connecting 17 countries through points-of-presence between Singapore and France.

More local networks include SEACOM, Africa’s first broadband submarine cable system, sited along the eastern and southern coastlines; EASSy, which connects South Africa with Sudan via landing points in Mozambique, Madagascar, the Comoros, Tanzania, Kenya, Somalia and Djibouti; and the Aden-Djibouti regional cable.

The country had 850 Mbps of international bandwidth when measurements were last recorded in 2011, according to the World Bank, well above most of its regional neighbours.

In much the same way as Djibouti serves as a gateway for physical goods entering 95m-person Ethiopia – for which it handles more than 90% of external trade – it has also become a key digital conduit for data connectivity to its larger neighbour. Djibouti hosts over 20 regional operators using IP connections in the country.

The country is hoping to expand its status as a regional digital platform by expanding its domestic data infrastructure via initiatives such as the Djibouti Data Centre (DDC). The DDC, which was founded in 2013 and owned largely by state-owned Djibouti Telecom, has access to all major international fibre optic systems connecting Europe, the Middle East, and Asia-Pacific regions with Africa. These include SEA-ME-WE 3, EIG, ESSAy, AAEE-1, SEA-ME-WE 5, and Aden-Djibouti, as well as wholesaler WIOCC.

The centre is designed to centralise the country’s incoming data connections in one location for re-transmission to Africa, Asia and Europe, providing direct fibre access, interconnection and co-location at a common landing station.

December saw the DDC sign an agreement with China Telecom Global (CTG), the international operating subsidiary of China Telecom, to help facilitate network expansion, co-location and submarine fibre cable access services in East Africa. Under the agreement, CTG will establish cross-connection and co-location facilities adjacent to Djibouti Telecom’s cable landing stations.

Driving up data usage

With improved telecoms infrastructure and connections, Djibouti stands to benefit from an increase in regional data usage. Growing smartphone ownership and use of data services have already yielded results in the Horn of Africa, with usage up from 100 Gbps in 2009 to 900 Gbps in 2015.

“Our strategy is based on three levels – the international, regional and national,” Mohamed Assoweh Bouh, director-general of Djibouti Telecom told OBG last year. “On an international level, we aim to become a hub for data – the gateway to the rest of Africa.”

He added that regional plans were focused on centralising all incoming data through the Djibouti-Africa Regional Express (DARE), an initiative that will link Djibouti to Tanzania, Kenya, Yemen, Ethiopia and Somalia via 5500 km of cabling.

The DARE project, which was initiated in May last year, involves seven major telecoms operators from the Middle East and East Africa: Djibouti Telecom, Africa Marine Express, TeleYemen, Telesom Company, Hormuud Telecom Somalia, Golis Telecom and Somtel Group.

Scheduled for delivery by May 2018, the system will offer more than 60 Tbps of capacity.

Increasing access a priority

While the country has made significant inroads in establishing itself in the regional data market, local digital activity remains comparatively low. As a result, strengthening telecoms, human resources and digital literacy remains high on the agenda, according to Bouh.

While internet access has improved in recent years, figures show that only 10% of the population had regular access to online services in 2015, up from 7% in 2011. By the end of the fourth quarter of 2015, the number of internet subscribers in Djibouti had reached 33,000 out of a population of 850,000, with 24,000 subscribers connected via fixed ADSL lines.

To build on these numbers, the government is looking to expand access to products, increase the role of telecoms and IT in national development and improve related infrastructure nationwide, Bouh said.

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