De nouveaux marchés et un retour des partenaires traditionnels insufflent un nouvel élan au secteur touristique tunisien

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Après une réduction du nombre d’arrivées internationales ces deux dernières années, l’heure est à la reprise pour le secteur touristique tunisien, qui enregistre à la fois une croissance sur de nouveaux marchés et un retour des visiteurs en provenance de marchés traditionnels.

Les recettes touristiques ont affiché une hausse de 22% en glissement annuel entre janvier et fin août, selon le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat (MTA), atteignant la somme de 1,9 milliard de dinars (652,7 millions d’euros) sur cette période, avec 4,7 millions d’arrivées internationales.

Rien qu’au mois d’août, on a enregistré des recettes touristiques à hauteur de 674 millions de dinars (231,2 millions d’euros) et, selon les prévisions du Ministère, 6,5 millions de touristes étrangers devraient se rendre en Tunisie d’ici la fin de l’année, soit une hausse de 30% par rapport aux chiffres de 2016.

Si le pays ne s’attend pas à dépasser le record des 6,9 millions d’arrivées internationales enregistrées en 2010, il s’agit tout de même d’une amélioration non négligeable pour le secteur, qui a accusé une forte baisse suite à deux attaques terroristes survenues en 2015.

Le nombre de touristes étrangers a chuté de 25% et les recettes de 35% suite à ces attentats, entrainant des pertes d’emplois et des fermetures d’établissements touristiques.

Les effets de cette baisse se sont fait ressentir sur l’ensemble de l’économie tunisienne, le tourisme représentant environ 8% du PIB.

De nouveaux marchés à l’origine de la reprise du secteur

Un rapide essor de nouveaux marchés, synonyme de nouvelle source de recettes, est le premier responsable de la reprise.

Les arrivées en provenance de la Russie ont considérablement augmenté, ces dernières ayant été multipliées par près de neuf entre 2015 et l’an dernier, passant de 46 279 à 451 432.

Cette hausse s’explique en grande partie par l’amélioration des relations bilatérales entre les deux pays ainsi que par l’instabilité qui règne dans les destinations de vacances traditionnelles des Russes que sont l’Egypte et la Turquie.

Le tourisme chinois a également fait un bond en avant, avec 7 400 arrivées l’an dernier, soit une hausse de 93,6% par rapport à 2015.

On peut espérer une évolution à la hausse de ces chiffres cette année et les années à venir suite à l’exonération de visa pour les ressortissants chinois décidée au mois de février et à la désignation de la Tunisie comme « Meilleure Destination Touristique Africaine 2017 » par le salon international du tourisme chinois « Shanghai World Travel Fair ».

Les arrivées en provenance de Chine affichaient une hausse de 400% en glissement annuel au premier trimestre de cette année, selon le MTA ; les autorités tunisiennes espèrent 10 000 à 20 000 touristes chinois en Tunisie avant la fin de l’année.

Hausse du nombre de visiteurs en provenance des marchés traditionnels africain et européen

La hausse des arrivées et des recettes en provenance de ces nouveaux marchés s’est vue accompagner d’une reprise du tourisme des partenaires traditionnels en Europe et en Afrique.

Les touristes européens ont, de longue date, constitué la clé de voûte du secteur, représentant 72,6% de l’ensemble des arrivées étrangères de non-résidents entre janvier et août 2014. Le tourisme européen a brutalement chuté suite aux attaques terroristes de 2015 et les recettes et le nombre de visiteurs se sont vus divisés par deux.

Cependant, grâce en partie au renforcement des mesures de sécurité dans les complexes touristiques et à la décision du gouvernement britannique en juillet d’assouplir les avertissements aux voyageurs pour la Tunisie comme l’avaient déjà fait la France et l’Allemagne, les arrivées en provenance de l’Europe ont atteint le chiffre d’1,1 million au cours des huit premiers mois de l’année, soit une hausse de 16%, selon des responsables du MTA.

Les voyagistes britanniques peuvent donc de nouveau vendre des voyages tout compris dans le pays, ce qui devrait entraîner une augmentation considérable des activités touristiques.

Le retour des touristes britanniques fait figure d’aubaine potentielle pour le secteur ; avant 2015, les arrivées en provenance du Royaume-Uni tournaient autour des 500 000 par an en moyenne.

Moins loin, les arrivées en provenance de l’Algérie voisine ont connu une hausse de plus de 60% en glissement annuel au cours des huit premiers mois de 2017, les Algériens représentant 34% de l’ensemble des visiteurs étrangers, soit 1,6 million de touristes.

Cette hausse est le fruit d’une campagne de marketing musclée qui a visé les vacanciers algériens ; elle s’insère également dans une stratégie touristique nationale axée sur l’Afrique. La Tunisie a supprimé le visa d’entrée pour les ressortissants de onze pays africains, dont l’Angola, le Botswana, le Cameroun, le Niger, la République Centrafricaine et la République Démocratique du Congo.

Une diversification du secteur qui fait la part belle au tourisme de luxe et au patrimoine culturel

Les évolutions du secteur touristique tunisien ont également entrainé un changement de stratégie, les professionnels du secteur s’orientant vers une offre plus haut de gamme et des vacances axées sur le patrimoine tunisien.

L’annonce de l’ouverture par la chaîne hôtelière internationale Four Seasons d’un hôtel à Tunis fin 2017 s’inscrit dans cet objectif de création d’une offre croissante de tourisme de luxe dans le pays et montre bien que le pays cherche à s’éloigner du tourisme de masse qui a caractérisé le secteur par le passé.

Les parties prenantes du secteur espèrent que le développement de ce type d’infrastructures touristiques ainsi que les attractions telles que les activités de loisir haut de gamme et le shopping avec TVA remboursée permettront d’attirer davantage de visiteurs en provenance des pays du Golfe.

Outre l’offre haut de gamme, des efforts ont été déployés afin de développer les attractions liées au patrimoine culturel tunisien.

Si le tourisme redémarre, les autorités notent toutefois qu’une majorité écrasante des attractions liées au patrimoine culturel du pays restent vides, avec seulement 60 des 3000 sites historiques que compte le pays ouverts au public. Les sites ouverts déplorent un manque de publicité, d’infrastructures et de possibilités de transport.

Les autorités recherchent actuellement des moyens de tirer profit du potentiel que représente le tourisme lié au patrimoine, avec à la clé notamment une augmentation espérée du nombre de visiteurs chinois dans le pays.

 

New markets and a return of traditional partners breathe life into Tunisian tourism

En Français

Following a reduction in international arrivals over the past two years, tourism in Tunisia is rebounding, due to a combination of growth in new markets and a recovery in visitors from traditional partners.

Tourism revenue was up 22% year-on-year (y-o-y) between January and the end of August, according to the Ministry of Tourism and Handicrafts (Ministère du Tourisme ‎et de l'Artisanat, MTA), with 4.7m international tourists generating TD1.9bn (€652.7m) during that period.

Some TD674m (€231.2m) worth of tourism receipts were recorded in August alone, with the ministry predicting that 6.5m foreign tourists will travel to the country by the end of the year, a 30% rise on 2016.

While not expected to surpass 2010’s record of 6.9m international arrivals, the figures represent a notable improvement for the sector, which suffered a sharp decline in tourism after two terrorist incidents in 2015.

Foreign arrivals fell by 25% and revenue dropped by 35% following the attacks, with the sector suffering from job losses and business closures as a result.

The decline took a toll on Tunisia’s economy as a whole, as tourism accounts for around 8% of GDP.

New source markets spearhead industry recovery

At the forefront of the revival has been a rapid expansion of new markets, providing a fresh source of revenue for the sector.

Russian arrivals have increased dramatically, surging nearly nine-fold from 46,279 in 2015 to 451,432 last year.

This was largely attributed to improving bilateral ties between the two countries, along with instability in traditional Russian holiday destinations such as Egypt and Turkey.

There has also been a jump in Chinese tourism, with 7400 arrivals last year, a 93.6% increase on 2015.

There is hope that these figures will increase further this year and beyond, after visa requirements for Chinese nationals were removed in February and Tunisia was named the “Best African Tourist Destination of 2017” by the China-based Shanghai World Travel Fair.

Chinese arrivals were up 400% y-o-y in the first quarter of the year, according to the MTA, and Tunisian officials expect between 10,000 and 20,000 Chinese tourists to visit the country before the year’s end.

Traditional European and Africa markets step up visits

The surge in arrivals and revenue from these new markets has been complemented by a recovery in activity from traditional partners in Europe and Africa.

European tourists have historically formed the backbone of the sector, accounting for 72.6% of all foreign, non-resident arrivals between January and August 2014. However, European tourism dropped sharply following the 2015 terrorist attacks, with revenue and visitor numbers halving.

However, thanks in part to improved security procedures at holiday resorts, along with the UK government’s decision in July to follow France and Germany in easing travel warnings to Tunisia, European arrivals increased by 16% to 1.1m in the first eight months of the year, according to MTA officials.

This decision means that UK travel companies can now resume offering package holidays in the country, which is expected to result in a significant increase in activity.

The return of UK tourists is seen as a potential boon for the sector; pre-2015 UK arrivals averaged around 500,000 per year.

Closer to home, arrivals from neighbouring Algeria increased by more than 60% y-o-y in the first eight months of 2017, with Algerians accounting for 1.6m, or 34%, of all foreign visitors.

The increase comes on the back of a strong marketing campaign aimed at Algerian holidaymakers, and also ties into a national tourism strategy focused on Africa. Tunisia has removed visa requirements for citizens of 11 African countries, including Angola, Botswana, Cameroon, Niger, the Central African Republic and the Democratic Republic of Congo.

Luxury and cultural heritage tourism lead diversification

The changing dynamics of Tunisia’s tourism industry have also led to a change in sector strategy, as stakeholders move towards more upmarket offerings and heritage-based holidays.

The announcement that the international hotel chain Four Seasons will open a hotel in Tunis in late 2017 tracks the establishment of a growing luxury offering in the country, and signals a move away from traditional mass tourism deals that characterised the sector in the past.

It is hoped that the development of this type of tourism infrastructure, along with attractions such as high-end leisure activities and VAT-free shopping, will attract more visitors from the Gulf.

In addition to luxury offerings, there has been an effort to develop Tunisia’s cultural heritage attractions.

While tourism is recovering, government officials note that the overwhelming majority of cultural heritage attractions remain empty, with only 60 out the more than 3000 historical sites open to visitors. Those that are open suffer from a lack of supportive marketing, infrastructure and transport options.

Officials are looking at ways to capitalise on the potential presented by heritage tourism, with the segment thought to be another factor in boosting Chinese arrivals to the country.

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