Côte d’Ivoire : L’industrie, vecteur d’intégration

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Si les réformes de la tarification de l’électricité vont augmenter les coûts de production dans un avenir proche, le secteur aval ivoirien et les industries de matériaux de construction connaissent une solide reprise après avoir enregistré de faibles résultats en 2011.

Le secteur secondaire a été fortement impacté par les troubles post-électoraux en 2011, reculant de 9,7%, mais les chiffres de fin d’année pour 2012 indiquent une solide relance de la production. En effet, le secteur a été l’un des principaux vecteurs de croissance de l’économie ivoirienne en 2012, affichant une hausse de 14,8% en termes réels, contre 0,7% pour le secteur primaire et 14,1% pour le secteur tertiaire.

La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières d’ Abidjan a fini l’année 2012 en beauté, principalement grâce à de solides résultats de titres industriels tels que celui de la Société Multinationale de Bitumes (SMB), qui a vu son cours grimper de 25,3% en glissement annuel.

Une partie grande partie de cette croissance peut être imputée aux activités industrielles de transformation en aval et à la production de matériaux de construction. La première entreprise du pays en termes de chiffre d’affaires, la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), a connu une forte reprise après la crise avec la recrudescence de ses exportations en Afrique Occidentale et Centrale en 2012. En février 2013, un consortium composé de la banque d’Afrique de l’Ouest ABI Group (Banque Atlantique) et de filiales du groupe marocain Groupe Banque Populaire, la Chaabi Bank et la Banque Centrale Populaire, a octroyé un prêt structuré à la SIR, destiné à l’achat de produits pétroliers.

Même après 48 ans d’activité et avec une profitabilité en forte baisse, la raffinerie continue d’occuper une position clé dans le marché aval d’Afrique de l’Ouest – une région où pour chaque dollar généré par le commerce interrégional de produits pétroliers 5 dollars de carburants raffinés sont importés d’ailleurs. À l’heure actuelle, la Côte d’Ivoire occupe la deuxième place de la région en termes de capacité de raffinage, après le Nigéria où la plupart des raffineries fonctionnent à moins de 50% de leur capacité, faute d’entretien.

Mais le rattrapage des retards de production n’a pas uniquement entrainé une forte croissance des carburants raffinés. Les produits dérivés et les matériaux de construction ont eux aussi fait un bond considérable, renforçant les résultats du secteur secondaire.. Une grande majorité de la production de la SMB est exportée dans toute l’Afrique de l’Ouest et Centrale, en particulier au Nigéria et au Ghana, où le bitume de l’entreprise domine ces marchés voisins en pleine croissance. Une grande partie de la demande d’exportations de la SMB est dû au grand nombre de projets de modernisation et d’extension du réseau routier prévus en ce moment aux quatre coins de l’Afrique de l’Ouest.

Quant à la consommation nationale, elle évolue elle aussi à la hausse, renforcée par les perspectives à court et moyen terme, grâce au développement du réseau routier qui a entrainé une hausse des ventes sur le marché intérieur, qui de 7000 tonnes en 2011 sont passées à 25 000 tonnes en 2012. La majorité des projets routiers prévus n’a pas encore démarré : il y a donc de fortes chances pour que les entreprises de construction routière fassent grimper la demande au cours des 18 prochains mois.

Le secteur de l’industrie, qui profite d’un approvisionnement en électricité relativement stable et d’une infrastructure économique solide, attire des investissements directs de plus en plus nombreux. La société nigériane Dangote Cement a récemment établi une filiale en Côte d’Ivoire en vue de l’installation d’un terminal d’importation d’une capacité d’importation et d’ensachage d’1 million de tonnes par an. Le terminal, qui devrait être commandé d’ici le deuxième trimestre 2013 se trouvera à un emplacement stratégique, lui permettant de fournir les pays voisins qui n’ont pas accès à la mer.

De même, le cimentier marocain Ciments de l’Afrique (CIMAF) a investi dans une usine de broyage dans le quartier de Yopougon à Abidjan ainsi que dans deux entrepôts dans la zone portuaire de la ville. L’usine, qui pourra broyer 500 000 tonnes de clinker par an, devrait être opérationnelle d’ici juillet 2013.

Malgré un secteur industriel qui affiche des signes de développement encourageants, la récente hausse des tarifs de l’électricité pour les gros consommateurs pourrait rendre la Côte d’Ivoire moins concurrentielle sur le plan industriel. Un état de fait qui pourrait cependant être compensé si les recettes accrues du secteur de l’électricité étaient redirigées vers l’entretien et l’amélioration du réseau électrique, comme cela a été annoncé.

Maintenir la croissance dans le secteur secondaire est crucial pour la Côte d’Ivoire étant donné un taux de chômage obstinément élevé et une dépendance aux exportations des matières premières brutes. Augmenter la production industrielle contribue non seulement à stimuler les recettes d’exportation mais également à créer des emplois. Pendant des années le pays a eu l’un des plus grands secteurs manufacturiers d’Afrique subsaharienne. Si la Côte d’Ivoire parvient à inscrire dans la durée la croissance qu’ont connue ces derniers mois les industries productrices de matériaux de construction et les raffineries, même dans un contexte de prix de l’électricité en hausse, elle sera bien placée pour maintenir une croissance élevée de son PIB.

 

Côte d’Ivoire: Industry drives integration

En Français

Although electricity pricing reforms will drive up input costs in the near future, Côte d’Ivoire’s downstream and building materials industries have seen a robust recovery from a comparatively poor performance in 2011. The secondary sector was hit hard by the electoral unrest in 2011, contracting by 9.7%, but year-end figures for 2012 show a strong rebound in output. In fact, the sector was one of the economy’s main growth vectors in 2012, having expanded by 14.8% in real terms, as opposed to 0.7% for the primary sector and 14.1% for the tertiary sector.

Indeed, the regional bourse in Abidjan, the Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, ended on a high note in 2012, largely thanks to the strong performance of industrial stocks, such as bitumen producer Société Multinationale de Bitumes (SMB), which saw its share price rise by 25.3% year-on-year.

A portion of this growth has come about in large part thanks to downstream processing and building material industries. The largest company by revenue, the Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) refinery, has rebounded strongly from the crisis by resuming exports throughout West and Central Africa in 2012. In February 2013 a structured loan of €92.79m from West African ABI Group (Banque Atlantique) and from Morocco’s Groupe Banque Populaire subsidiaries Chaabi Bank and Banque Centrale Populaire was issued for SIR to buy petroleum products.

Even after 48 years of operation and a steep decline in profitability (which fell from roughly $7.50 in 2008 to around $1.20 two years later, according to US-based consulting firm IAS), the refinery continues to hold a key position in West Africa’s downstream market – a region where for every $1 of intra-regional trade in petroleum products, $5 worth of refined fuels are imported from elsewhere. Côte d’Ivoire currently has the second-largest refining capacity in the region after Nigeria, most of whose refineries are operating at less than half capacity due to poor maintenance.

However, it is not just refined fuels where the recouping of lost output has led to strong growth. Derivative products and building materials have also seen a significant jump, which has strengthened the secondary sector performance. Most of SMB’s production is exported throughout West and Central Africa, with large volumes sold to Nigeria and Ghana, where the company’s bitumen dominates its neighbours’ fast-growing markets. A plethora of road renovations and extensions currently slated throughout West Africa have helped to underwrite most of the demand for SMB’s exports.

However, domestic consumption has also risen, strengthened by the short- and medium-term outlook, thanks to an increase in road building that drove domestic sales from 7000 tonnes in 2011 to 25,000 tonnes in 2012. The majority of planned road projects have yet to begin, which means construction contractors are likely to ramp up demand over the coming 18 months.

Attracted by a relatively steady electricity supply and strong supporting economic infrastructure, direct investments in industry are also increasing. Nigeria-based Dangote Cement recently created a subsidiary in Côte d’Ivoire to set up a cement import terminal, which will have the capacity to import and bag 1m tonnes of cement per year. The terminal should be commissioned by the second half of 2013 and will be positioned to supply neighbouring land-locked countries.

In a similar move, Morocco-based cement producer Ciments de l’Afrique (CIMAF) has invested in a grinding factory in Abidjan’s Yopougon district and in two depots by the city’s port. The plant will be able to grind 500,000 tonnes per year and is set to be operational by July 2013.

In spite of the encouraging signs of expansion in the industrial segment, a recent increase in electricity prices for large consumers could attenuate Côte d’Ivoire’s relative industrial competitiveness, though this could be offset if the increased revenue for the electricity sector is directed towards maintaining and improving the electricity network, as has been announced.

Maintaining growth in the secondary sector is crucial for Côte d’Ivoire, given its stubbornly high unemployment rate and reliance on raw commodity exports. Increasing industrial production helps not only boost export revenues but increase job creation rates. For decades the country had one of the largest manufacturing sectors in sub-Saharan Africa. If it can sustain the growth of recent months in industries such as building materials and refining, even amidst rising electricity prices, Côte d’Ivoire will be well positioned to maintain its robust GDP growth.

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