Les économies africaines en 2017

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Se relever après la chute

« Plus on s'élève et plus dure sera la chute » : qui ne s'est jamais répété ce proverbe dans sa jeunesse, face à un adversaire sportif qui avait eu une poussée de croissance un peu précoce ?

Le même adage pourrait s'appliquer aux économies africaines. Après une longue période de croissance, la chute est abrupte pour la plupart des plus gros marchés du continent. Après avoir enregistré un taux de croissance de près de 15 % en 2011, le Ghana dépasse péniblement d'un tiers à peine ses prévisions de déficit budgétaire en 2016. Le Nigeria, qui avait doublé son PIB en modifiant sa méthode statistique de calcul il y a quelques années, est en train de sortir de la récession. Même la Côte d'Ivoire, qui a évité avec succès les troubles qui ont touché les autres marchés d'Afrique subsaharienne, a été obligée d'opérer des coupes budgétaires drastiques suite à la baisse des prix du cacao.

La chute est d'autant plus brutale après une ascension aussi fulgurante, mais il y reste tout de même des raisons d'être optimiste. Même s'il est vrai que les marchés du continent ont vu leurs performances dégringoler, de très haut pour certains, la plupart sont au moins retombés sur leurs pieds , comme le souligne notre dernier Africa Economic Roundup, avec des analyses des mesures agressives prises par les gouvernements d'Afrique afin de réduire les dépenses courantes, laisser flotter leurs monnaies, restructurer les entreprises publiques et améliorer les réseaux d'infrastructure.

ARTICLES

1) Opinion : Président Nana Akufo-Addo

« Une économie robuste crée des opportunités et inspire le peuple à lancer de nouvelles entreprises. De la même manière, une économie robuste encourage les sociétés existantes à investir et à se développer. Notre objectif est simple : construire l'économie la plus accueillante d'Afrique pour les particuliers et les entreprises ; une économie prospère et un travail pour chacun des Ghanéens... Pour en savoir plus

2) Interview : Akinwumi Adesina, Président, Banque africaine de développement (AfDB)

« Plusieurs exportateurs de produits de base d'Afrique, dont l'Afrique du Sud, la Zambie, la République démocratique du Congo, et exportateurs de pétrole comme le Nigeria, l'Algérie, l'Angola, le Tchad, la Guinée Équatoriale, le Gabon et le Congo, ont été durement frappés par la baisse des prix des produits de base et par le ralentissement de l'économie chinoise. Ces événements ont en effet provoqué des baisses significatives des recettes dans ces pays... » Pour en savoir plus

3) La Banque centrale égyptienne laisse flotter la livre afin d'augmenter la liquidité face à la pénurie de dollars américains

Malgré un environnement économique difficile, l'industrie reste suffisamment liquide en termes de monnaie locale. Les actifs liquides des prêteurs d'Égypte, constitués d'espèces et de dépôts auprès de la Banque centrale et des banques étrangères, représentaient 23 % du total des dépôts fin novembre 2015, selon Bank Audi. Ce montant était en hausse depuis quelques années, avec 19 % d'actifs liquides sur le total des dépôts fin 2014, et se situe bien au-dessus de la limite de 20 % établie par la Banque centrale d'Égypte... Pour en savoir plus

4) Le fort potentiel de la Côte d'Ivoire en énergie solaire et biomasse contribue à développer le secteur énergétique

Face à la solide croissance économique et à la hausse de la demande d'électricité nationale, le gouvernement ivoirien s'est donné comme priorité d'augmenter la capacité de production. Alors que les nouvelles centrales thermiques et barrages hydroélectriques devraient pouvoir assurer une grande partie de la production, d'autres énergies renouvelables jouent un rôle important dans la stratégie de développement énergétique du gouvernement. Actuellement, la capacité en énergies renouvelables de la Côte d'Ivoire est principalement assurée par des barrages hydroélectriques mais le pays présente un fort potentiel en biomasse et en énergie solaire notamment... Pour en savoir plus

5) Améliorer la gestion de la liquidité des services financiers algériens

Alors que les taux de couverture du secteur financier algérien restent vigoureux, particulièrement pour un marché émergent, l'effondrement des recettes liées aux hydrocarbures depuis 2014 a mis un terme à plus d'une décennie de liquidité abondante. Alors que la croissance de l'agrégat monétaire large était quasi nulle en 2015, les banques ont vu leurs actifs liquides chuter pour atteindre 27,2 % des actifs totaux, contre 38 % en 2014, selon les consultations de 2016 au titre de l'article IV de l'IMF. Cette diminution s'expliquait principalement par un accroissement de 11,9 % des prêts à l'économie au moment même où les dépôts diminuaient, selon les données de la Banque d'Algérie. Les dépôts à court terme ont diminué de 12,4 % en 2015, précipités par une réduction de 41,1 % des dépôts des hydrocarbures... Pour en savoir plus

6) Interview : Président Abdel Fattah El Sisi

« Le gouvernement égyptien définit clairement ses priorités et ses objectifs dans sa stratégie de développement durable Egypt's Vision 2030. Multidimensionnelle, elle inclut et relie des aspirations économiques et sociales : la justice sociale doit aller de pair avec la hausse des taux de croissance. La vision du gouvernement est celle d'une société juste et interdépendante, qui renforce le principe de citoyenneté et assure à chaque Égyptien le droit de participer à la reconstruction de l'Égypte moderne grâce à l'égalité des chances et à un État de droit. Nous voulons créer une société qui protège et soutient également les citoyens marginalisés et vulnérables... » Pour en savoir plus