Le Maroc: La Décennie du Changement

Morocco

Event

5 Nov 2014
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In English

OBG a organisé sa première conférence au Maroc le 05 Novembre 2014, au Sofitel Tour Blanche à Casablanca, célébrant ainsi 10 ans de recherche économique au Maroc avec sa 10ème édition de « The Report : Morocco » sous le thème « Le Maroc : La décennie du changement ». Ainsi, le discours d’ouverture a été présenté par Madame Mbarka Bouaida, Ministre déléguée des Affaires Etrangères et de la Coopération.

Lors de cette dernière décennie, le Maroc a connu un changement considérable en termes d’indicateurs macroéconomiques, de développement social et de l’activité du secteur privé. Depuis 2004, la pénétration bancaire du pays a quasiment doublé et la taille du réseau autoroutier a pratiquement triplé. Durant cette même période, le taux d’alphabétisation a augmenté, alors que celui de la pauvreté a diminué.

Bien qu'il existe encore des défis à surmonter, le PIB marocain est en croissance continue ces dix dernières années, avec une moyenne annuelle de 4,5%. La solidité du secteur financier la compétitivité de l’industrie manufacturière renforce la position du Maroc et ses perspectives économiques.

Lors de la conférence, deux panels se sont exprimés:

Intervention des panélistes du secteur Financier « Le Maroc, banquier privilégié de l’Afrique »

Intervenants:

  • Mme. Yacine Fal, représentante résidente du bureau de la Banque Africaine de Développement au Maroc,
  • M. Brahim Benjelloun Touimi, Administrateur directeur général délégué de la BMCE Bank,
  • M. Faissal Khdiri, président directeur Général de Mastercard Afrique.

Intervention des panélistes du secteur Industriel « Comment transformer l’essai industriel »

Intervenants: 

  • M. Mohamed Fikrat, Président Directeur Général de Cosumar
  • M. Hamid Benbrahim El-Andaloussi, Président de GIMAS
  • M. Amine Homann Ludiye, Directeur Général de Cofely.

Dans le discours de Mme. Mbarka Bouiada, on entend que « plusieurs réformes structurelles ambitieuses ont vu le jour tout au long de cette dernière décennie, avec la modernisation des secteurs traditionnels tels que l’agriculture et le secteur minier, mais aussi avec le développement de nouveaux secteurs, tel que les énergies renouvelables, l’industrie automobile et l’aéronautique».

Selon Peter Grimsditch, Directeur Editorial d’OBG, le Maroc a connu « d'impressionnants changements structurels, et il est aujourd’hui sur la bonne voie pour pouvoir produire 20 fois plus de voitures que lors des dix dernières années, avec une capacité à faire face à des géants de la production automobile ».

Lors de l’intervention des participants du secteur bancaire, nous avons pu tirer d’intéressantes conclusions. Selon Alban Serin, modérateur d’OBG « Le Maroc a pu démocratiser son secteur bancaire, avec un taux de pénétration de 60%, un chiffre qui a quasiment doublé en 10 ans ».

D’après Mme. Yacine Fal de la B.Af.D « Le Maroc est, en effet, le banquier privilégié de l’Afrique, et plus particulièrement pour l’Afrique de Ouest et l’Afrique Centrale. Mais il doit faire face à une concurrence britannique, américaine, nigériane et sud africaine ». Toujours selon Mme. Fal, l’une des raisons principales pour laquelle le Maroc a surmonté la crise est que « le secteur bancaire marocain n’avait pas de produits toxiques en lien avec l’activité bancaire ». Par ailleurs, elle rajoute que « La présence des banques marocaines facilite l'émergence d'autres compagnies marocaines dans le continent ».

Du point de vue de M. Brahim Benjelloun Touimi de la BMCE Bank, « Le Maroc a vu des opportunités lors du retrait de quelques banques européennes en Afrique, lui permettant de conforter sa position sur le continent. Les banques marocaines sont très actives dans les pays francophones d’Afrique mais aussi présentes sur des terres anglophones telle que le Ghana. En plus d’avoir plusieurs avantages comme la technologie et la conformité, les banques marocaines ont aussi la capacité de s’adapter à tous les marchés où elles s’implantent au lieu de simplement se contenter d’exporter le produit ; les banques marocaines deviennent des banques sénégalaises au Sénégal, et ivoiriennes en Côte d’Ivoire ». M. Benjelloun Touimi a aussi exprimé son enthousiasme à propos de la création de Casablanca Finance City, qui représente « une bonne opportunité pour l’intégration financière africaine ».

D’après M. Faissal Khdiri, de Mastercard Afrique « Malgré le doublement attendu de la population africaine  d’ici à 2050, la croissance demeure inégale et non-inclusive. Les nouvelles technologies, telles que les services bancaires via téléphone portable, ou les cartes d’identités contenant des cartes de paiement intégré permettront à la population de pénétrer le système financier ». Il a par ailleurs constaté que « l’un des choix importants de Bank Al Maghrib avait été de permettre à La Poste et donc Al Barid Bank d’intégrer le secteur bancaire en lui octroyant la licence permettant d’élargir le spectre des populations touchées ». Cette filiale de la Poste Marocaine a fortement contribué à l’intégration bancaire. « L’intégration bancaire permet de reconnaitre les personnes et de les identifier, et leur confère également un sentiment d’appartenance au système » ajouta M. Khdiri.

Lors de l’intervention des participants du secteur industriel, Mr. Amine Homann Ludiye de Cofely a mis a insisté sur l’importance de la diversification du mix énergétique: « Le Maroc prévoit une forte évolution des énergies renouvelables, avec un objectif d’atteindre et de satisfaire 42% de la demande globale en énergie en 2020, et ce, par le biais de l’énergie hydraulique, éolienne et solaire ». Avec une demande qui augmente annuellement entre 6% et 8%, il est fondamental de se concentrer sur l'efficience énergétique, qui est considérée comme la 4ème source d’énergie au Maroc. Il rajoute que « Le Maroc a besoin de compter sur une industrie énergétique fiable, flexible et compétitive ».

D’après Mr. Fikrat de Cosumar : « La réduction des dépenses énergétiques reste un levier important à la compétitivité industrielle marocaine ». Il rajoute que l’industrie sucrière montre à quel point l’économie marocaine est bien intégrée dans l’économie mondiale. Cette intégration se fait à travers l’importation du sucre brut en provenance du Brésil, avec l’utilisation des produits de différentes régions du Maroc, ainsi qu’avec l’utilisation des équipements importés de l’étranger.

M. Hamid Benbrahim El Andaloussi du GIMAS a mentionné quelques chiffres clés : En 2004, il y avait moins de 10 compagnies œuvrant dans l’industrie aéronautique, aujourd’hui, il y en a plus de 1000. En effet, moins de 1000 personnes travaillaient dans cette industrie en 2004, alors qu'on compte plus de 11000 personnes actives dans ce secteur aujourd'hui. Ce dernier était quasi-insignifiant, représente de nos jours 7% des exportations. M. Andaloussi rajoute qu’« il y a désormais une co-localisation de l’industrie aéronautique au Maroc qui a donné naissance à un grand volet économique et social. Mais il reste de la place pour l'amélioration des formations et financements ».

Morocco: A Decade Of Change

En Francais

Earlier this month, Oxford Business Group held its first conference in Morocco to mark ten year’s worth of coverage of the country’s economy with the launch of The Report: Morocco 2014. The event was held at the Sofitel Casablanca on November 5th, under the theme of “Morocco: A Decade of change” and was opened with a speech from Ms. Mbarka Bouaida, deputy minister of Foreign Affairs and Cooperation.

The conference sought to explore the sizable transformation that Morocco’s economy has undergone since Oxford Business Group first began researching the country’s investment environment in 2004. In the intervening ten years, the North African Kingdom has seen a number of dramatic changes in its macroeconomic, social development and investment indicators.

As Mbarka Bouaida highlighted in her comments, “This decade has seen many proactive and bold reforms, with the modernisation of traditional sectors like agriculture and mining, but also development of new sectors, such as renewable energies, automobile industry and aerospace industry.”

While there are still challenges remaining, Morocco's comparatively high rate of GDP expansion, at an annual average of 4.5% over the past ten years, compares favourably to Europe and the US. Similarly, since 2004, the country's banking penetration rate has nearly doubled and the motorway network has almost tripled. New trade zones and a more liberalised business environment helped underwrite the emergence of a stronger manufacturing industry, while robust balance sheets allowed financial institutions to expand their presence abroad. As Peter Grimsditch’s, Oxford Business Group’s Editorial Director noted in his speech, Morocco has seen “impressive and structural changes, and it’s today on track to produce 10 times as many cars it did ten years ago, allowing it to serve as a global competitor in terms of automotive manufacturing.”

These issues were explored over the course of the conference through two panels, which sought to unpack some of the key factors behind Morocco’s previous growth and highlight what needed to be done to sustain activity over the medium-term.

The first panel was on the country’s financial sectors. Entitled “Morocco: The Banker of Africa”, the session benefited from the participation of Mrs. Yacine Fal, resident representative of the AfBD in Morocco; Mr. Brahim Benjelloun Touimi, Executive Director and Deputy Head of BMCE Bank; and Faissal Khdiri, Senior Vice-President and General Manager of Mastercard Africa Inc.During the session, the panelists sought to cover a wide range of issues, ranging from financial inclusion to regional expansion. “Morocco managed to improve the inclusiveness of its banking sector, reaching 60% of banking penetration rate, almost twice it was 10 years ago”, said Oxford Business Group editorial manager Alban Serin, who moderated the discussion. Faissal Khdiri, of Mastercard, remarked that “one of the main recent achievements of the Bank Al Maghrib” was to the licensing of Al Barid Bank, the Moroccan lender and subsidiary of the post office, which contributed significantly to banking inclusion. “Banking inclusion allows institutions to acknowledge people, give them an identification, make them feel like they are part of the system”, added Khdiri.

The panelists also looked at the recent trend of Morocco’s financial institutions expanding into sub-Saharan Africa. According to Yacine Fal, from AfBD, “Morocco has become a privileged banker for Africa, especially for west and central Africa, even though it has to face a lot of competition from British, American, Nigerian or South-African banks”.

According to Brahim Benjelloun-Touimi, from BMCE Bank, “Morocco saw a chance in the withdrawal of some European banks in Africa so strengthen its position in the continent. Moroccan banks are strong in French-speaking Africa. Besides bringing in new competitive advantages such as robust technology and rigorous governance, Moroccan banks adapt to every market they go to. Instead of just exporting their system, they become a Senegalese bank in Senegal, and Ivorian bank in Côte d’ Ivoire.”

The potential for further growth in Africa is significant. According to Khdiri, from Mastercard, although “African population will double its population until 2050, the growth is unequal and non inclusive. New technologies, such as banking through mobile phones and identity cards with integrated payment cards will help to include people in the financial system”. For Moroccan financial institutions to take advantage of this, Benjelloun-Touimi highlighted the creation of Casablanca Finance City, which shows “ a good opportunity for Morocco to further improve its African financial integration”.

The second panel was focused on the country’s industrial and manufacturing sectors. Under the theme of “How Can Industrial Growth Be Sustained?”, the panel featured interventions from Mohamed Fikrat, CEO of Cosumar; Hamid Benbrahim El-Andaloussi, President of GIMAS; and Amine Homann Ludiye, General Manager of Cofely.

The panel touched on a variety of points relevant to the country’s increased manufacturing output, and highlighted the sizable jump in activity. Hamid Benbrahim El Andaloussi, from Groupement des Industries Marocaines Aéronautiques et Spatiales (GIMAS), illustrated the strides taken over the past ten years through the sheer change in the number of employees and companies active in manufacturing, stating that “In 2004, there were less than 10 companies working in the aeronautic industry in Morocco. Today, there are more than 1000. Less than 1000 people were employed by that industry in 2004, and there are more than 11000 today.” The sector, he emphasised, represents 7% of the Moroccan exports today. “We now have a co-localisation aeronautic industry in Morocco, generating a big economic and social cluster, but there still needs to be improvements in training and financing”, said El Andaloussi.

This comes in spite of bottlenecks on industrial inputs, including most pertinently a challenge in terms of access to energy. Morocco has traditionally been reliant on imported energy for generation, pointed out Amine Homman Ludiye, from Cofely, but he noted that the energy mix is being diversified, which will benefit future investors. “ Morocco is betting on the strong progression of renewable energies, with an objective of having 42% of the demand in 2020 generated by hydraulic, wind and solar energy”, said Homman Ludiye.  “With a demand that grows between 6 and 8% annually, Morocco needs to have an energetic industry that is trustworthy, flexible and competitive”, he said.

Improving the supply of energy is crucial to ensuring continued growth in the country’s industrial sector. According to Mohamed Fikrat, from COSUMAR, “The reduction of energy-related expenses is one of the main points if Morocco is to leverage its industrial competitiveness”. In spite of these challenges, however, according to Fikrat, the sugar industry provides an able example of how well-integrated the Moroccan economy is in terms of global trade flows, importing raw sugar from Brazil, using products from different parts of Morocco and using equipments brought from abroad. To continue this, he says, “requires ensuring Morocco’s manufacturing sector is open to cooperation, collaboration and partnership from abroad.”