Economic Update

Maroc : Coup d’accélérateur pour l’industrie locale grâce aux lignes ferroviaires à grande vitesse

Morocco | 25 Apr 2013

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Alors que le Maroc planche depuis près de 10 ans sur le lancement de lignes de train à grande vitesse, le projet s’est accéléré ces derniers mois suite à la signature de cinq accords majeurs portant sur le volet technique et le domaine de la formation.

Depuis 2003, le Maroc travaille en partenariat avec la France afin de lancer un train à grande vitesse (TGV) et doter le royaume de la liaison ferroviaire la plus rapide du continent, reléguant à la deuxième place le train express régional sud-africain Gautrain.

Début avril, l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) a signé deux conventions avec la compagnie ferroviaire française SNCF (Société Nationale des Chemins de Fer), qui depuis quelques années s’est érigée en figure clé du projet ferroviaire. Les accords ont été signés lors de la première visite d’État du président français François Hollande.

Parmi ces derniers figure un protocole d’accord pour la création d’une joint-venture SNCF/ONCF qui sera chargée de la maintenance des lignes de TGV au Maroc tout en permettant aux autorités locales et aux techniciens sur place de profiter de l’expérience de leurs homologues français. La deuxième convention consiste également en un protocole d’accord ouvrant la voie à la création d’un Institut de Formation Ferroviaire (IFF). Cet institut jouera un rôle clé en matière de transfert de connaissances et de développement d’une main d’œuvre locale qualifiée pour de futurs projets de TGV.

Durant cette visite, le directeur général de l’ONCF, Mohamed Rabie Khlie, a signé trois autres conventions avec les entreprises françaises Ansaldo STS France, Colas Rail et Cegelec Mobility, portant sur la fourniture d’équipement pour la ligne TGV actuellement en cours de construction, notamment les systèmes de signalisation et de télécommunications, les caténaires et les équipements électriques.

La liaison ferroviaire à grande vitesse se veut un complément de l’actuel réseau ferroviaire du pays plutôt qu’un remplacement. Le Maroc est déjà doté d’un réseau ferroviaire étendu, composé de 4000 km de lignes mais le trafic, fret comme voyageurs, est en constante hausse depuis quelques années. Le trafic voyageurs a augmenté de 8,8% en glissement annuel pour atteindre les 37 millions en 2012, a-t-on pu lire dans la presse. Cette augmentation fait suite à une hausse de 9,7% du volume des passagers l’année précédente et à une accélération du taux annuel de croissance de 5 à 7% observé entre 2008 et 2010.

Le trafic fret évolue également à la hausse et devrait poursuivre son expansion grâce aux activités des principaux ports du pays. Les activités commerciales du port de Tanger-Med, portées par une progression des activités industrielles dans la région environnante, ont contribué à hisser le trafic fret à 37 millions de tonnes en 2012, soit un niveau comparable à celui de 2011 malgré un fléchissement de l’activité économique l’année dernière. Avec des perspectives économiques plus positives et une nouvelle plateforme logistique qui devrait bientôt ouvrir ses portes près du port de Casablanca, le fret pourrait enregistrer une hausse significative en 2013.

Étant donné la hausse des activités de transport maritime, la première ligne prévue du réseau ferroviaire à grande vitesse est un tronçon de 200 km entre Casablanca et Tanger, passant par Rabat, la capitale. Une fois les travaux terminés, le temps de trajet entre Casablanca et Tanger sera réduit de plus de moitié. Le TGV devrait également créer 1500 emplois directs et 800 emplois indirects après sa mise en service.

Le coup d’envoi officiel des travaux du premier tronçon de la ligne, qui reliera Tanger à la ville de Kénitra au nord de Rabat, a eu lieu en septembre 2011. Début 2013 ont commencé des travaux pour préparer le terrain avant la construction de deux tronçons de voie ferrée et de deux viaducs ainsi que l’établissement d’un atelier de maintenance des rames à Tanger-Moghogha. Les travaux de génie civil pour la totalité de la ligne devraient être achevés d’ici février 2014 et ceux relatifs aux équipements ferroviaires d’ici fin 2014.

La date de livraison des 14 rames TGV est prévue pour 2015, avec une mise en service en décembre. Le groupe français Alstom, vainqueur de l’appel d’offres, fournira les premiers TGV pour un coût de 400 millions d’euros, et une équipe d’experts de la SNCF sera chargée de l’assistance technique dans le cadre du projet.

L’État marocain s’est engagé à fournir directement 5,8 milliards de dirhams (0,5 milliard d’euros) des 20 milliards de dirhams (1,8 milliard d’euros) auxquels le coût du projet est estimé. Le financement du reste de la somme devrait se répartir de la manière suivante : 13,36 milliards de dirhams (1,2 milliard d’euros) devraient être pris en charge par des prêts et 840 millions de dirhams (75,43 millions d’euros) par des dons de la part de partenaires étrangers. S’il s’agit d’un projet onéreux pour un pays qui accusait en 2012 un déficit de 7,6%, son prix est toutefois très compétitif. L’addition du projet de Gautrain sud-africain, qui circule sur de courtes distances entre les villes de Pretoria et Johannesburg, a atteint la somme de 3 milliards de dollars. Un projet, actuellement en cours, de créer un réseau de train à grande vitesse pour relier les principales zones urbaines de Californie est estimé à plus de 40 milliards de dollars.

Les projets de transport financés par des fonds étrangers et privés vont contribuer à soutenir le développement de l’industrie locale. Quant à la création d’une joint-venture pour l’entretien des TGV et à la fondation d’un institut de formation, elles joueront un rôle moteur dans la démarche du gouvernement de former une main d’œuvre locale qualifiée dotée du savoir-faire nécessaire pour de futurs projets. Ainsi, le royaume se dotera d’un atout dont l’importance ne fera que croître avec le temps et qui contribuera à dynamiser le développement de l’industrie locale, dans la mesure où le Maroc prévoit d’étendre son réseau TGV sur 1500 km –et qui pourrait être mis à profit de nouveau lorsque les pays voisins se pencheront à leur tour sur la question des lignes ferroviaires à grande vitesse.

 

Morocco: High-speed rail links to boost local industry

En Français

Having spent roughly a decade planning for high-speed rail service, Morocco’s plans for the project have gathered increasing steam in recent months following the signing of five key technical and training agreements.

Morocco has been working with its French partners since 2003 to establish the high-speed train service, or train à grande vitesse (TGV), which will surpass South Africa’s regional Gautrain as the fastest rail link on the continent.

In early April, Morocco’s National Railway Office (Office National des Chemins de Fer, ONCF) signed two conventions with France’s National Railway Company (Société Nationale des Chemins de Fer, SNCF), who in recent years has emerged as a key proponent of the rail project. The agreements were signed during the first state visit of French president François Hollande.

One of the agreements establishes a protocol for setting up an ONCF-SNCF joint venture that will deal with ongoing maintenance on Morocco’s TGV lines while also allowing local authorities and technicians to benefit from the experience of their French counterparts. The second convention establishes another protocol that paves the way for the creation of a Railway Training Institute (Institut de Formation Ferroviaire, IFF). The institute will play a key part in transferring knowledge and developing a qualified local workforce for future TGV projects.

During the visit, the president of the ONCF, Mohamed Rabie Khlie, signed three additional conventions with French companies Ansaldo STS France, Colas Rail and Cegelec Mobility, covering the provision of equipment for the TGV line currently under construction, including signals, overhead cables, telecommunications and electrical equipment.

The high-speed rail link will be used as a supplement to the country’s current rail network, rather than as a replacement. Morocco already benefits from an extensive rail network covering 4000 km, but both passenger and freight traffic have grown steadily in recent years. Passenger traffic increased by 8.8% year-on-year (y-o-y) to reach 37m in 2012, according to press reports. The rise comes on the back of 9.7% growth in passenger volume the previous year and an acceleration of the 5-7% annual expansion rate witnessed between 2008 and 2010.

Freight traffic is also on the rise and should continue expanding due to activity at the country’s key ports. Commerce at the Tanger-Med port, supported by an uptick in industrial activity in the surrounding area, helped to push up freight traffic to 37m tonnes in 2012, which was on a par with 2011’s performance despite a dip in economic activity last year. With a more positive economic outlook and a new logistics platform set to open near the port of Casablanca, freight activity has the potential to climb significantly in 2013.

With shipping activity on the rise, the first line earmarked for construction in the high-speed rail link is a 200-km stretch between Casablanca and Tangier, via the capital of Rabat. Once complete, the new line will cut travel time between Casablanca and Tangier by more than half. The TGV is also expected to create 1500 direct and 800 indirect jobs once it begins operating.

Work on the first segment of the line, which will link Tangier to the city of Kénitra just north of Rabat, officially got under way in September 2011. In early 2013, work was begun to prepare the terrain for constructing two rail segments, building two viaducts and establishing a workshop at Tangier-Moghogha dedicated to train maintenance. Civil engineering work for the entire line is slated to be completed by February 2014 and the installation of the fixed stock by 2014 year-end.

The 14 TGV trains are scheduled to be delivered in 2015 for a December launch of commercial operations. The French firm Alstom won the bid to provide the initial TGV trains at a cost of €400m, while a team of SNCF specialists has been commissioned to provide technical support for the project.

The Moroccan state has made a commitment to directly provide Dh5.8bn (€0.5bn) of the project’s total anticipated cost of Dh20bn (€1.8bn). Of the remainder, Dh13.36bn (€1.2bn) is expected to be financed through loans and Dh840m (€75.43m) through donations from foreign partners. While expensive for a country that ran a deficit of 7.6% in 2012, the project is nonetheless very competitively priced. South Africa’s Gautrain, which covers short distances between the cities of Pretoria and Johannesburg, racked up a price tag of roughly $3bn when it was completed. A planned project linking California’s major urban areas by high-speed rail has been estimated at more than $40bn.

Foreign and privately-funded transport projects will support the development of local industry, while the move to set up a joint venture for TGV maintenance and establish a training institute will be a key driver in the Moroccan authorities’ bid to create a qualified local workforce with know-how for future ventures. This will become increasingly important over time and help to galvanise the development of local industry, given Morocco’s plans to extend the TGV network across 1500 km – and may benefit again once neighbouring countries begin to consider high speed railways of their own.

Chapter Summary