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THE INSIDE EDGE
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Gabon : Priorité à l’habitat urbain
Gabon | 15 Mar 2013Après les importants retards enregistrés au cours des dernières années, on assiste enfin à des progrès en matière d’immobilier urbain et dans les projets d’infrastructure liés au logement, ce qui devrait aider le Gabon à combler son déficit en logements. Selon les estimations, le pays accuserait un déficit de 200 000 logements, un problème qui concerne en majorité la capitale Libreville, où 160 000 logements supplémentaires sont nécessaires.
Si l’État avait prévu la construction de 5 000 unités par an à compter de 2010, confiant la supervision des travaux à l’Agence Nationale des Grands Travaux (ANGT), ces ambitions ont été revues à la baisse et un objectif plus raisonnable de 1 000 unités a été annoncé pour l’année 2013. Les autorités comptent investir, sur la période 2012-2017, la somme de 396 milliards de francs CFA (603,69 millions d’euros) dans des projets de logements sociaux mais, bien que l’ANGT ait attribué les premiers marchés fin 2011, les progrès jusqu’à maintenant ont été lents.
Dans le but de réduire la crise du logement à Libreville, le gouvernement a identifié la ville d’Angondjé, dans la périphérie nord de la capitale, comme zone à développer en priorité. Le modèle de développement choisi pour le quartier d’Angondjé s’appuie sur le SmartCode, un plan d’urbanisme international qui comporte des parcs, des infrastructures scolaires et sanitaires, des centres administratifs et des routes. Plusieurs catégories de logements seront disponibles, ce qui permettra de proposer une vaste gamme de prix.
Malgré une promesse de livraison des 1 000 premiers logements pour fin 2012, seules 21 maisons témoins étaient sorties de terre en février 2013, selon les médias locaux. Le Ministère de la Promotion des Investissements, également chargé des travaux publics et du logement, a déclaré que le démarrage des opérations de démolition de certains bâtiments jouxtant le Stade de l’Amitié Sino-Gabonaise était imminent, signe que le projet pourrait bientôt passer à la vitesse supérieure.
On ne sait pas encore vraiment combien de familles vont devoir quitter leur logement avant le début des travaux et, au vu du très lourd déficit en logements, les autorités se voient confrontées au problème du relogement temporaire des familles déplacées. Néanmoins, la population de Libreville évolue à la hausse du fait de l’exode rural et l’État ne dispose que d’une faible marge de manœuvre : retarder encore les travaux ne ferait qu’exacerber le problème.
En effet, le déficit de logements à Libreville a un impact sur le développement de la ville de manière générale. Il y a deux ans, par exemple, les autorités ont commencé à nettoyer les rues et les trottoirs de plusieurs quartiers de la ville en rasant les logements et commerces illicites afin d’améliorer la circulation et d’encourager la construction de bâtiments de meilleure qualité. Toutefois, selon Yannick Mokanda, directeur général de l’Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC), « tant qu’il y aura un déficit de logements sociaux, nettoyer des quartiers et poursuivre une politique d’expulsions ne fera que déplacer le problème vers d’autres parties de Libreville. »
D’autres raisons permettent également d’expliquer la lenteur du démarrage du projet de logements sociaux d’Angondjé. Pour commencer, l’acquisition de titres fonciers s’est avérée laborieuse, le processus pouvant prendre jusqu’à 10 ans, voire 15 dans certains cas, même si la création de l’ANUTTC en 2012 devrait simplifier les procédures et faire passer à 6 mois les délais d’obtention. De plus, il y a eu une certaine confusion dans quelques ministères quant à la délimitation de certaines parcelles de la zone. Et quand bien même la question de la propriété foncière est claire ou parvient à être réglée, déloger les squatters constitue un défi constant pour les promoteurs.
Une autre difficulté rencontrée par les autorités a été de trouver des parcelles viables, raccordées à l’eau et à l’électricité et disposant d’un accès à la route. Mais heureusement, actuellement les choses progressent sur ce plan. En effet, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) a lancé de grands travaux au nord de Libreville visant à construire trois réservoirs au cours des prochains mois, dont un château d’eau d’une contenance de 2 000 mètres cubes à Angondjé ainsi que des canalisations pour accroître la distribution en eau de la ville au départ de la station de pompage d’eau potable dénommée Ntoum 7.
Malgré les défis posés par les projets de logements sociaux à Angondjé et ailleurs, le nombre de logements résidentiels est en augmentation au Gabon. La Société Nationale Immobilière (SNI) procède actuellement à la construction de 3808 unités dans le pays, dont 930 à Nkok, à 20 kms de Libreville, tandis que le projet de la Banque Gabonaise de Développement au Cap Estérias, qui vise à construire 5 000 logements sur la période 2013-2018, devrait commencer prochainement.
Alors que le Gabon continue de bénéficier des cours élevés du pétrole et affiche une croissance économique régulière, les objectifs ambitieux du Président Ali Bongo Ondimba en matière de logements sociaux dans le cadre de la stratégie d’émergence du pays ne sont pas du tout hors de portée. Reste à savoir si les projets sont financièrement faisables et si certains obstacles bureaucratiques seront surmontés.
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