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Gabon : Nouveaux débouchés pour la recherche

Gabon | 11 May 2011

Face à la hausse actuelle de la propagation de la tuberculose au Gabon, la recherche locale est en passe d’être élargie, notamment grâce à de nouvelles ressources et de nouvelles approches essentielles à la lutte contre la maladie. A l’occasion de la visite du directeur du bureau régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, Gianfranco Rotigliano, en février dernier, le directeur de l’hôpital Albert Schweitzer (HAS) a annoncé que l’hôpital se dotera d’un centre de recherche sur la tuberculose .

La recherche pour une meilleure prévention et un meilleur traitement de la tuberculose va s’articuler autour de deux axes. Le premier s’efforcera de développer un mécanisme de diagnostic plus rapide et plus fiable de la prévalence de la TB. Des entretiens avec des chercheurs de l’hôpital, rapportés dans la presse locale, indiquent que les tests actuellement utilisés pour identifier la bactérie pathogène, le bacille de Koch, peuvent parfois être inefficaces, voire défaillants.

Le deuxième axe de recherche, qui débutera en juin prochain, se concentrera sur l’amélioration des méthodes de prévention de la tuberculose parmi les patients séropositifs sous traitement antirétroviraux. Cette étude devra déterminer si les patients séropositifs, simultanément sous traitements antirétroviraux et antituberculeux, ont un taux d’infection de tuberculose moins élevé. Si cela s’avère être le cas, ceci pourrait déboucher sur un nouveau protocole de prise en charge des patients affectés par le virus HIV.

Le HAS, l’un des quelques centres médicaux privés au Gabon, est géré par la Fondation Albert Schweitzer sous la direction de M. Marc Libessart, et reçoit des fonds du gouvernement gabonais et des donateurs internationaux. Basé à Lambaréné, dans la province centrale du Moyen-Ogooué, l’hôpital sert principalement l’intérieur du pays, où les services de santé publique sont souvent insuffisants. Son unité de recherche médicale emploie environ 100 personnes, dont 40 spécialistes internationaux.

L’hôpital offre de nombreux services tels qu’un centre de chirurgie, les soins primaires, une clinique dentaire ambulante, un service de médecine interne et tropicale, de pédiatrie, de maternité et de gynécologie. L’hôpital a également annoncé son intention de créer une radio communautaire et de développer un programme de santé basé sur un module visant à réduire la mortalité infantile avant l’anniversaire du centenaire de l’institution en 2013.

Alors que le paludisme reste la cause principale d’hospitalisation et de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans au Gabon, la tuberculose présente aussi un défi considérable, et de nouvelles ressources vont être ajoutées à la lutte contre cette maladie. Les projets du HAS concernant leur nouvelle unité de recherche arrivent en même temps qu’une recrudescence des cas de tuberculose au Gabon.

Le Ministère de la Santé a annoncé la vieille de la Journée mondiale de la santé le 7 avril dernier que la prévalence de la tuberculose au Gabon avait atteint 385 cas pour 100,000 habitants en mars 2007. Pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la prévalence de la tuberculose de toutes formes (TTC) a atteint 410 cas pour 100,000 habitants. De son coté, l’hôpital Albert-Schweitzer a rapporté l’identification de 200 à 300 nouveaux cas de tuberculose uniquement pour l’année 2010.

Les médias locaux à Lambaréné ont également rapporté une absence chronique des médicaments antituberculeux, ce qui limite l’accès aux traitements pour une partir de la population. Un entretien récent avec un des spécialistes de médecine interne du HAS dans les médias locaux a identifié la nécessité d’une distribution de médicaments plus fiable et régulière, ainsi qu’un meilleur dispositif de diagnostic et de prévention dans les centres de traitement antituberculeux, où beaucoup de patients ne sont admis qu’à un stade avancé et souvent irréversible de la maladie.

La propagation de la maladie est accélérée par le fait que les patients affectés par le virus HIV sont particulièrement vulnérable à la tuberculose; en effet, plusieurs nouveaux cas de TB se développent parmi les patients séropositifs. Le Fonds mondial estime que le taux de prévalence du virus HIV se situe à 5,9% en moyenne, par rapport aux taux plus élevés de certaines provinces, notamment de 8,1% à Ngounié et de 8.7% au Ogooué-Maritime, qui comprend la capitale économique Port-Gentil. Le taux moyen national est légèrement plus élevé que la moyenne régionale de 4,9%, selon les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le secteur de la santé doit toujours faire face à des obstacles considérables, mais les efforts de développer la recherche sur la tuberculose et une meilleure prise en charge des patients affectés par le virus HIV montrent que des initiatives ont été lancées pour mieux combattre ses maladies. Ce sont certainement des projets à long-terme, mais qui ont le potentiel d’améliorer sensiblement la santé du peuple gabonais.

 

Gabon: New avenues for research

With the incidence of tuberculosis (TB) on the rise in Gabon, local research into the disease is now being expanded, with new resources and approaches central to this effort. The director of the Albert Schweitzer Hospital (Hôpital Albert Schweitzer, HAS) in Lambaréné announced the launch of new research unit devoted to TB during a visit from the director of the UNICEF West and Central Africa bureau, Gianfranco Rotigliano, to the hospital in February.

The research focus on TB prevention and treatment involves two main tracks. The first is intended to shape a more rapid, reliable diagnosis mechanism for new cases of TB. Interviews in the local media with members of the research team indicated that current tests for the particular pathogen, Koch bacillus, are sometimes faulty and inefficient.

A second research track, planned to begin in June 2011, will focus on a potentially more effective preventive treatment for TB among HIV-positive patients on anti-retroviral therapy. The study is designed to determine whether patients who are treated simultaneously with anti-retroviral and anti-TB drugs will see an improvement in TB infection rates. If successful, this would constitute a key change in treatment methods.

One of Gabon’s few private facilities, HAS is run by the Albert Schweitzer Foundation, headed by Marc Libessart, and also receives funding from the Gabonese government and international donors. Located in Lambaréné, in the central region of Moyen-Ogooué, it primarily serves the interior of the country, where public health services are often insufficient. The unit employs approximately 100 people, including 40 international scientists.

The hospital offers a wide range of services including surgery, primary care, a mobile dental clinic, general and tropical medicine, paediatrics, maternity and gynaecology services. It has also announced plans to create a community radio station and put in place a public health awareness programme with a plan to reduce infant mortality before the institution’s 100th anniversary in 2013.

While malaria remains the primary cause of hospitalisation and mortality among children under five in Gabon, TB also presents a persistent challenge, and new resources are being brought to bear in the fight against the disease. Plans for HAS’s new research unit come as the number of TB cases is on the rise in Gabon.

In advance of Global Health Day on April 7, the Ministry of Health announced in the national media that the incidence of TB had reached 385 cases per 100,000 people by March 2007. The Global Fund to Fight AIDS, TB and Malaria estimates that TB prevalence, in all forms, has subsequently risen to 410 cases per 100,000 people. It was further reported in March that at HAS alone, 200-300 new cases of TB were identified in 2010.

Local media in Lambaréné have also reported a chronic shortage of medicines to treat TB, which places a greater burden on the public health system and limits access for a portion of the population. In a recent interview in the local media one HAS internal medicine specialist called not only for more regular medication deliveries, but also for improved preventive care and diagnosis in regional TB treatment centres, as many patients are admitted with advanced cases, rendering treatment less effective.

The spread of the disease is compounded by the particular vulnerability of patients with HIV/AIDS. Indeed, many of the new cases of TB are found among HIV-positive patients. The Global Fund estimates that Gabon’s current HIV/AIDS rate is 5.9% on average, with higher rates registered in certain provinces, including 8.1% in Ngounié and 8.7% in Ogooué-Maritime, which includes the economic capital of Port-Gentil. The country’s overall rate is slightly higher than the regional average of 4.9%, according to figures from the World Health Organisation.

While the challenges facing the sector remain significant, efforts to ramp up research on TB and better manage the comprehensive care of patients living with HIV/AIDS make clear that work is under way to address them. Although these are inherently long-term projects, with time they could well do much to improve the health of Gabon’s people.

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