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THE INSIDE EDGE
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Economic Update
Gabon : Dynamiser la production industrielle
Gabon | 1 Mar 2012Avec une stratégie de développement économique qui repose essentiellement sur une diversification industrielle grande consommatrice d’électricité, le secteur de l’électricité gabonais, qui connaît déjà des difficultés avec la charge existante, devra accroître grandement sa production (qui selon les estimations, s’établit entre 374 MW et 414 MW) s’il veut soutenir cette croissance.
Lors d’une récente entrevue accordée à la presse locale, l’ancien ministre de l’Energie et des Ressources hydrauliques, Régis Immongault, maintenant ministre de l’industrie et des mines, a déclaré que le ministère comptait accroître la production d’électricité pour atteindre la barre des 1 200 MW en 2020. De plus, le gouvernement vise à renforcer le rôle de l’énergie hydroélectrique et des ressources énergétiques renouvelables dans la production d’électricité.
Avec une augmentation de la demande en électricité de l’ordre de 15 MW par an, soit une hausse pratiquement deux fois supérieure aux estimations de la Société financière internationale (cette dernière ayant en effet prévu une croissance de 2% ou 3%), les prestataires de services se retrouvent confrontés à divers problèmes. Le Gabon doit incontestablement améliorer la production et la distribution d’électricité, et ce, d’autant plus que le pays encourage la croissance des secteurs secondaires à valeur ajoutée comme les filières minières et forestières. De tels secteurs favorisent certes les exportations et l’emploi, mais sont de grands consommateurs d’électricité.
Si le pays veut satisfaire la consommation croissante de ses clients industriels, il doit se doter d’un réseau de distribution fiable. Le gouvernement a déjà jeté les bases qui permettront la mise en œuvre d’un réseau interconnecté et a commencé à installer des lignes haute tension et des transformateurs supplémentaires afin de garantir un meilleur approvisionnement dans les régions rurales et les petites agglomérations.
Le Gabon doit également relever un autre défi de taille : assurer une production suffisante. Toutefois, le pays dispose des moyens pour accroître la production. Par exemple, le secteur hydroélectrique répond à un peu plus de la moitié de la demande nationale actuelle et selon les estimations, il pourrait produire au total 6 000 MW s’il était entièrement développé. Une cinquantaine de sites ont été identifiés comme offrant des possibilités de production d’électricité à des fins commerciales.
Dans ce contexte, le Ministère du Pétrole, de l’Énergie et des Ressources Hydrauliques a déjà lancé divers grands projets d’électrification et de production d’énergie. Parmi les plus vastes projets présentant un intérêt pour la production industrielle figure le barrage du Grand Poubara, qui devrait produire 160 MW au cours d’une première phase du projet et jusqu'à 240 MW durant une deuxième phase. Selon le ministère, la déviation du fleuve Ogooué et la construction d’un tunnel d’alimentation sont achevées et la construction de la centrale électrique est en cours. La construction du barrage a débuté en 2008 et devrait s’achever d’ici 2013.
Le gouvernement cherche à encourager également la participation du secteur privé dans le but de réduire les dépenses publiques et d’accroître la production en électricité. En 2010, le ministère a conclu un partenariat public-privé d’un montant de 124 milliards de francs CFA (189 millions d’euros) avec la Compagnie de développement des énergies renouvelables (CODER) pour la construction de deux nouveaux barrages hydroélectriques.
Le barrage de la Ngounié, «Impératrice», dont le coût est estimé à 70 milliards de francs CFA (106.8 millions d’euros) devrait dégager une puissance d’au moins 42 MW. Il s’agit d’un projet destiné à fournir de l’électricité aux régions minières de Mabounié et de Ndjolé et aux industries de transformation de bois situées dans la province du Moyen-Ogooué. Il devra également alimenter les villes de Mouila et Mandji dans la Ngounié, ainsi que Libreville et la zone économique spéciale de Nkok (ZES), un des plus vastes projets de développement industriel du Gabon.
La construction du barrage de l’Okano, le deuxième barrage hydroélectrique du pays, a également débuté. Baptisé «FE 2», le barrage, dont le coût atteint les 55 milliards de francs CFA (83.8 millions d’euros), devrait produire au moins 36 MW et servir la région industrielle et minière de Ndjolé, ainsi que la province du Woleu Ntem, dans le nord du pays, et Libreville. La construction des deux barrages devrait s’achever d’ici à 2013. La construction d'une centrale à gaz à Alenakiri, au nord-est de Libreville, tire à sa fin. Le projet a été confié à l'entreprise israélienne Telemenia et doit produire à terme 70 MW. La moitié de la production servira à répondre aux besoins de la ZES de Nkok et le reste à ceux de Libreville.
En outre, Régis Immongault a indiqué que le ministère avait investi 100 milliards de francs CFA (152 millions d’euros) dans le secteur de l’électricité en 2011 – une grande partie de cette enveloppe a bénéficié au développement des énergies renouvelables. Le ministère prévoit d’investir au total 2.29 milliards d’euros de 2010 à 2020, et cherche à attirer les investisseurs du secteur privé afin d’accélérer les progrès vers le développement de solutions d’énergie propres.
Bien que le gouvernement vise à encourager les nouvelles activités industrielles à valeur ajoutée à travers le pays, c’est la ZES de Nkok, un partenariat entre la République gabonaise et le groupe Olam basé à Singapour, qui compte parmi les bénéficiaires les plus directs de l’amélioration du réseau énergétique.
La première phase de la ZES, qui se concentre sur les activités de transformation de marchandises, dont la transformation du bois, de la ferraille et du papier, a été inaugurée en septembre 2011 et occupait une superficie totale de 393 hectares. Gagan Gupta, le directeur général d’Olam Gabon, a déclaré à la presse locale que 45 entreprises se sont déjà installées ou s’installent actuellement dans la zone et que celle-ci devrait être en mesure d’accueillir 150 entreprises une fois les travaux de construction achevés.
Selon M. Gupta, les besoins en électricité de la ZES de Nkok atteindraient les 220 MW d’électricité (ces besoins dépassent la demande de pointe actuelle de la ville voisine de Libreville) et sont supérieurs à l’approvisionnement actuel de la zone. Alors que la ZES bénéficiera de projets gouvernementaux qui visent à augmenter la production d’électricité générale, une usine avec une capacité de production de 15 MW sera construite sur place et utilisera les déchets de bois comme matières premières.
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