Economic Update

Côte d’Ivoire : Evolution dans le secteur de la téléphonie mobile

Cote d'Ivoire | 12 Dec 2012

In English

L'arrivée très attendue de la technologie 3G en Côte d’Ivoire et l'explosion du volume de données utilisées qui devrait s'ensuivre est une nouvelle réjouissante pour les opérateurs de télécommunications locaux. Cependant, conséquence d'une concurrence toujours plus vive sur le marché de la téléphonie mobile, les prix et le revenu moyen par utilisateur sont orientés à la baisse et cela pourrait contraindre certains des petits opérateurs à cesser leurs activités, ou conduire à une consolidation.

Le gouvernement a octroyé les premières licences 3G au mois de mars ; trois des quatre permis disponibles ont été attribués à la société sud-africaine MTN, à Orange Côte d’Ivoire (Orange CI), détenu par France Telecom, ainsi qu'à Moov, filiale d'Etisalat. Chacune de ces licences, d'une durée de validité de 10 ans, a été cédée pour un montant de 6 milliards de francs CFA (9.1 millions d'euros). Les opérateurs sont tenus de couvrir 95 % de la population dans un délai de quatre ans.

Orange CI a été le premier à lancer ses services 3G, le 1er septembre, en offrant un accès Internet mobile à un débit de 42 mégaoctets par seconde (MO/s). Bien que MTN et Moov proposent un service de données mobiles avec les technologies WiMax et GPRS/EDGE, ces deux opérateurs n'ont pas encore déployé les services 3G.

Le lancement de cette technologie ouvre des opportunités de développement pour les produits et services du secteur des télécommunications, compte tenu du faible taux de pénétration d'Internet, estimé à environ 4.5 %. Comme partout ailleurs sur le continent africain, l'accès à l'Internet est essentiellement mobile en Côte d’Ivoire ; d'après la Banque mondiale, seulement 7 900 abonnements ont été recensés à l'Internet haut débit fixe dans le pays en 2010.

Par conséquent, la possibilité de répondre à la demande de connectivité mobile intérieure pourrait entraîner une hausse du chiffre d'affaires des opérateurs mobiles qui pourrait s'avérer vitale compte tenu du niveau de concurrence actuel.

La Côte d’Ivoire possède l'un des secteurs mobiles les plus denses du continent africain. A l'heure actuelle, six opérateurs de services mobiles se partagent un marché de 20 millions de personnes, avec un taux de pénétration avoisinant les 80 %. D'après la presse locale, MTN et Orange CI arrivent en tête, avec respectivement 37 % et 32 % de parts de marché, suivis par Moov (19 %), KoZ, une société spécialisée dans les télécommunications exploitée par le groupe Comium, implanté au Liban (7 %), et la société libyenne Green Network (5 %). Avec le lancement de Café Mobile au mois d'avril, le premier fournisseur GSM exclusivement ivoirien, les opérateurs continueront à se faire concurrence pour attirer de nouveaux abonnés.

La saturation croissante du marché profite aux consommateurs, puisqu'elle se traduit par une baisse des prix. A titre d'exemple, le coût d'un SMS envoyé sur le réseau d'Orange CI, autrefois de 100 francs CFA (0.15 €), s'élève désormais à 25 francs CFA (0.03 €). En revanche, la concurrence accrue pourrait affecter de façon significative les marges bénéficiaires de certaines des plus petites sociétés.

Orange CI, premier arrivé sur le marché du 3G, a déclaré que le nombre de ses abonnés mobiles a progressé de 6.4 % en 2011, malgré un fléchissement de 26 % du bénéfice moyen par utilisateur (ARPU), attribuable à une hausse du nombre d'abonnements souscrits par des clients à faible revenu habitant en zone rurale. A l'inverse, le principal concurrent d'Orange CI, MTN, a annoncé en octobre avoir perdu des parts de marché, avec une hausse du nombre d'abonnés inférieure à 1 % au troisième trimestre 2011. A l’échelle du continent africain, le nombre d'abonnés de MTN a progressé de 3.8 % sur la même période.

Soucieux d'appuyer davantage les opérateurs existants, sans perdre les avantages de la concurrence, le Fonds national des télécommunications (FNT) a réclamé l'adoption d'une solution permettant aux opérateurs mobiles de mutualiser les infrastructures afin de réduire leurs coûts, et ainsi faire baisser la facture des consommateurs.

Les opérateurs mobiles ont limité leur participation dans les pylônes de téléphonie mobile, et optent désormais pour l'externalisation des infrastructures et le partage de site, comme en témoigne un récent contrat chiffré à 284 millions de dollars conclu entre MTN et la société nigériane IHS, fournisseur d'infrastructures de télécommunication. Cet accord, signé en octobre 2012, qui a permis à IHS d'acquérir 931 pylônes en Côte d’Ivoire pour un montant de 141 millions de dollars, fera d’IHS l'unique actionnaire de la société d'exploitation créée pour gérer les pylônes et d'autres infrastructures passives.

Outre la réduction des coûts de développement des infrastructures, cela devrait permettre aux opérateurs de se recentrer sur leurs priorités : investir dans leur clientèle, et améliorer leur offre de services afin de répondre à la demande des consommateurs de produits mobiles et de services de données innovants .

 

Côte d’Ivoire: Growing the mobile economy

En Français

The long-awaited arrival of 3G in Côte d’Ivoire, and the expected subsequent boom in data usage, is a welcome development for local telecommunications operators. However, the mobile market is becoming increasingly crowded, pushing both prices and average revenue per user (ARPU) down, which could force some of the smaller players out of the sector or lead to consolidation.

The government issued the first 3G licences in March, with three of the four available permits allocated to South Africa-owned MTN; France Telecom’s Orange Côte d’Ivoire (Orange CI); and Etisalat’s Moov. Each licence is valid for 10 years and cost CFA6bn (€9.1m). Operators are obliged to cover 95% of the population within four years.

Orange CI was the first to launch its 3G services on September 1, offering mobile internet access at speeds of up to 42 megabytes per second (MB/s). Although both MTN and Moov offer data connectivity, through WiMax and GPRS/EDGE technology, they have yet to roll out upgraded 3G services.

The introduction of 3G offers significant potential for services and products in the ICT sector, given the modest internet penetration rate of around 4.5%. As with elsewhere in Africa, internet access in Côte d’Ivoire occurs primarily through mobile connections, with only 7900 fixed-line broadband subscriptions in the country as of 2010, according to the World Bank.

As a result, the ability to tap into domestic demand for data could provide a significant uptick in revenues for mobile operators – something which, given the current level of competition, could prove vital.

Côte d’Ivoire has one of the more crowded mobile sectors on the continent. At present, there are six mobile service providers operating in a market of 20m people, with a penetration rate that is estimated as high as 80% in some cases. MTN and Orange CI lead the way with 37% and 32% market share, respectively, followed by Moov, with 19%; KoZ, a telecoms firm operated by Lebanon-based Comium Group (7%); and Libya-based Green Network (5%), according to local press. With the launch in April of Mobile Cafe, the first wholly-domestically owned GSM provider, competition for subscribers will continue to be fierce.

As the market becomes increasingly crowded, subscribers are benefitting as prices are pushed down. For example, it used to cost CFA100 (€0.15) to send a text message on Orange CI’s network; now it costs CFA25 (€0.03). However, the increased level of competition may heavily impact the profit margins of some of the smaller firms.

Orange CI, first onto the 3G market, reported that its number of mobile subscriptions grew by 6.4% in 2011, though its ARPU declined by 26% due to an increased number of subscriptions by lower-income rural customers. By contrast, Orange CI’s main competitor, MTN, announced in October that it had lost market share, increasing its subscribers by less than 1% in the third quarter of 2011. That was compared with a 3.8% growth in MTN’s number of subscriptions throughout the rest of Africa over the same period.

To help provide more support to existing operators without curtailing the benefits of competition, the National Telecommunications Fund (Fonds National des Télécommunications, FNT) has been pushing for a solution for mobile operators to share infrastructure to drive down costs and, ultimately, prices for end-users.

Mobile operators have been decreasing their share in mobile tower ownership, opting instead to externalise infrastructure and engage in site sharing, as evidenced by a recent $284m deal between MTN and Nigeria-based IHS, a telecoms infrastructure provider. As a consequence of this agreement in October 2012, in which IHS acquired 931 towers in Côte d’Ivoire for $141m, IHS will be a 100% shareholder in the tower company to be created to manage the towers and other passive infrastructure.

This should lower infrastructure development costs, allowing network operators to focus on investing in their client bases and improving service offerings to respond to consumer demand for innovative mobile and data products.

Chapter Summary